Archives - France


Le CPE - Révolte contre la précarité

La révolte contre le CPE, la précarité et le nouvel esclavage

19.03.2006



Les images des manifestations et de l'occupation des facs...

Contrats "première embauche" et "nouvelle embauche",
le Code du travail en cours de démantèlement

17.01.2006


(AP/AFP) Avec l'extension du contrat nouvelles embauches à toutes les entreprises pour les jeunes de moins de 26 ans, les syndicats s'accordent à dire que le gouvernement accentue au fil des mois la flexibilité sur le marché de l'emploi.

Lancé en août 2005, le contrat "nouvelle embauche" (CNE) a été justifié par Dominique De Villepin par le fait que ce contrat ne concernait que les "très petites entreprises" de moins de 20 salariés, qui représentent en fait la majorité des entreprises en France.

Cinq mois plus tard, Dominique de Villepin annonce la création du contrat "première embauche" (CPE) pour les entreprises de de plus de 20 salariés, un contrat réservé au moins de 26 ans avec la même règle essentielle que pour le CNE: la possibilité pour les employeurs qui y ont recours de licencier sans justification durant les deux premières années.

Ajouté au CNE, le CPE généralise donc le contrat de travail au rabais pour les jeunes, tout en les plaçant en position de soumission totale dans le rapport de forces vis à vis de leur employeur pendant cette période. Selon les syndicats, seule une minorité de salariés est désormais à l'abri de la précarité, et tous les jeunes risquent de devoir passer par le CPE -y compris les plus diplômés- pour avoir accès au marché de l'emploi.

"Pour régler les problèmes spécifiques de certains jeunes, le gouvernement précarise l'ensemble de la jeunesse. Car le CPE s'imposera aussi à ceux qui disposent de qualifications reconnues", dénonce ainsi le secrétaire général de la CFDT, un syndicat pourtant largement favorable au libéralisme.

Même si le gouvernement s'en défend et assure au contraire vouloir "sécuriser" les parcours professionnels, le CNE et son corollaire le CPE vont provoquer une très forte pression, non seulement sur les modes de recrutement, mais également pour les autres salariés dans l'entreprise. "Plus on précarise les modes d'entrée sur le marché du travail, plus cette précarisation va être utilisée. Et on va précariser du même coup les autres catégories de personnel puisqu'on pourra désormais les remplacer par des gens ayant des droits plus fragiles", explique l'avocat Roger Koskas, membre du cabinet Grumbach et Associés, spécialiste du droit social et du travail.

Plusieurs spécialistes du droit du travail notent par ailleurs que les remises en cause du Code du Travail se multiplient. Ainsi, le 12 janvier 2006, la Cour de cassation a jugé légaux les licenciements économiques pour prévenir des difficultés économiques, et non plus uniquement lorsque ces difficultés existent. Ce jugement autorise donc les entreprises à licencier même lorsqu'elles font des bénéfices. Il leur suffit de dire qu'elles "prévoient" des difficultés pour se débarasser des salariés.

La Cour de cassation a ainsi remis à l'ordre du jour une mesure que le gouvernement Raffarin avait été obligé de retirer de son plan sur le traitement social des restructurations en 2004 face au tollé des syndicats. Le gouvernement avait tout de même réussi à faire adopter l'abrogation de 9 articles de la loi de modernisation sociale (adoptée par le gouvernement Jorpin en janvier 2002) qui durcissaient les conditions d'autorisation des plans sociaux.

Enfin, 16 Janvier 2006, Dominique de Villepin a demandé au ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo et au ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher de lancer des consultations avec les partenaires sociaux pour une "réforme globale du contrat de travail". Etant donné le contexte, les salariés et les syndicats sont sur leurs gardes...

De Villepin passe en force pour faire adopter le CPE

09.02.2006



(AFP) Dominique de Villepin a utilisé, pour la première fois depuis son arrivée à Matignon, l'article 49.3 pour faire adopter sans vote ni amendements le projet de loi instaurant le contrat première embauche (CPE).

"La France s'impatiente, elle attend des réponses", a lancé Dominique de Villepin à l'Assemblée, en accusant l'opposition de faire "obstruction".

Retour à Germinal: le travail de nuit autorisé dès 15 ans

10.02.2006


(Indymedia) Dans la foulée du CPE, le gouvernement a fait adopter l'abaissement de l'âge légal de l'apprentissage à 14 ans, tout en autorisant le travail de nuit ainsi que les dimanche et jours feriés dès l'âge de 15 ans. Une régression que la droite espérait bien faire passer incognito, avec un débat focalisé sur le contrat première embauche.

La mesure a été dissimulée dans le "pack" de la loi sur l'égalité des chances, actuellement en débat au Parlement. Ce sont les députés de gauche qui ont déniché le coup fourré à force de persévérance, dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'Assemblée nationale.

Le travail de nuit était jusqu'à présent interdit pour les mineurs, selon l'article 221-3 du Code du travail, à l'exception de certains secteurs. À l'origine limitées à la boulangerie, ces exceptions n'ont cessé de s'élargir sous l'action de la droite à de nouveaux secteurs d'activité. Un décret du 13 janvier dernier a ainsi étendu le travail de nuit des mineurs dans le secteur hippique, l'hôtellerie, la restauration, la pâtisserie, ainsi que pour les traiteurs et organisateurs de réceptions, les cafés, tabacs et débits de boissons, la boucherie et charcuterie, la graineterie, la poissonnerie, les fleuristes, jardineries et fromagerie crémerie, et tous les "établissements des autres secteurs assurant à titre principal la fabrication de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate, ou dont l'activité exclusive est la vente de denrées alimentaires au détail". Une législation qui concernait les apprentis âgés de seize ans au minimum, avant que le gouvernement De Villepin n'abaisse à 14 ans l'âge de l'apprentissage.

Appel de Jack Lang contre la politique Villepin

24.01.2006


(AFP) Jack Lang, député socialiste du Pas-de-Calais, a lancé un appel intitulé "SOS jeunesse en danger" et lancé une pétition contre un gouvernement "qui mène la guerre contre la jeunesse".

"La génération Chirac, c'est plus que jamais la génération galère.
(...) Depuis trois ans, la jeunesse de France est devenue le rat de laboratoire préféré de la droite sur lequel elle expérimente tout: du démantèlement de l'école à la casse du droit du travail en passant par la remise au pas des libertés publiques et artistiques. (...) Génération précarité, ton destin est tout tracé ", affirme Jack Lang, dénonçant pêle-mêle les mesures sur l'apprentissage, les stages, le CPE, la politique de la recherche...

Selon l'ancien ministre de la Culture et de l'Education nationale, "il est temps de dire stop à la guerre contre la jeunesse que mène la droite au pouvoir". "Le moment est venu de lancer un large mouvement de résistance contre les mauvais coups du gouvernement", ajoute-t-il en appelant "à construire au plus vite un front commun contre ce gouvernement anti-jeunes".

Le CPE est "un contrat de précarité absolue pour les jeunes", selon François Bayrou

17.01.2006


(AP) Le président de l'UDF François Bayrou a critiqué le contrat première embauche (CPE) qui instaure "un contrat de précarité absolue pour les jeunes".

"Cela ne va pas dans la bonne direction, ce n'est pas en concentrant la précarité sur les plus jeunes qu'on va résoudre les difficultés qui se posent à eux", a déploré François Bayrou sur RTL.

Le président de l'UDF a souligné que "c'est revenir sur un engagement que le Premier ministre avait pris, la main sur le coeur, à la tribune où il avait dit 'jamais le CNE (contrat nouvelles embauches) ne sera élargi aux entreprises de plus de 20 salariés'". "On revient sur cette promesse et on met en place un contrat de précarité absolue pour les jeunes".


Lycéens et étudiants mobilisés pour une nouvelle journée d'action
contre le CPE

14.02.2006


(AFP) Rennes, Toulouse... lycéens et étudiants se mobilisent mardi pour une nouvelle journée nationale d'action contre le contrat première embauche (CPE).

En Bretagne, des centaines de lycéens se sont rassemblés devant plusieurs lycées de Rennes avant une manifestation dans l'après-midi contre le CPE, alors que d'autres manifestations ont eu lieu à Vannes et Brest, a-t-on appris de sources syndicale et administrative.

Selon la police, environ 1700 personnes, lycéens, étudiants, mais aussi des salariés d'entreprises, ont manifesté à Brest. A Vannes, la police a recensé environ 450 manifestants lycéens dans les rues de la ville. A Rennes, environ 150 jeunes ont bloqué une avenue devant le lycée Emile Zola, manifestant au cri de "Non au CPE" et appelant à rejoindre la manifestation en centre-ville à 14H00. Quelque "300 à 400 élèves" ont manifesté devant le lycée Joliot-Curie, a indiqué un porte-parole du syndicat lycéen Fidl pour la Bretagne.

L'appel à manifester a également été lancé par des étudiants des deux universités de la ville, Rennes 1 et 2, en pointe dans la protestation contre le CPE. La faculté de sciences humaines de Rennes 2 est en grève depuis le 8 février.

Un peu plus tôt, à Toulouse, près d'une centaine d'étudiants ont bloqué, pendant plus d'une heure, la circulation sur une des grandes artères de Toulouse près de l'université Paul-Sabatier pour protester contre le CPE. Devant une vingtaine de policiers, les jeunes, brandissant des affiches "Tous et toutes contre le CPE", "Pour le respect et la dignité", ont finalement levé le barrage et ont décidé de bloquer les accès aux salles de cours avant de se réunir en milieu de matinée en assemblée générale.

En face de l'université, des lycéens appelaient à manifester avec les étudiants dans l'après-midi contre le CPE et tentaient de dissuader leurs camarades d'entrer dans leur établissement, provoquant un attroupement de plusieurs centaines d'élèves.

Nouvelle manifestation étudiante pour le retrait du CPE

28.02.2006


(AFP/AP) La mobilisation étudiante anti-CPE s'est poursuivie aujourd'hui "pour maintenir la pression avant le 7 mars" selon l'UNEF, avec des blocages ou filtrages dans cinq universités en Ile-de-France, et une manifestation à Paris.

"En grève! En grève! Jusqu'au retrait total!" ou encore "C comme chômage, P comme précarité, E comme exploitation, retrait du CPE!" scandaient les manifestants.

A Paris et en Ile-de-France selon l'UNEF, quatre facultés (Villetaneuse, Nanterre, Tolbiac, et Jussieu) sont en grève ce mardi. Des rassemblements et des défilés similaires sont organisés dans plusieurs villes de France, une manière de maintenir la mobilisation jusqu'à la fin des congés scolaires en attendant la journée nationale de manifestations du 7 mars.

CPE: 13 universités en grève selon l'UNEF

01.03.2006


(AP) Treize universités étaient en grève aujourd'hui pour exiger le retrait du contrat première embauche (CPE) selon un communiqué diffusé par l'UNEF, principal syndicat étudiant.

Les universités en grève sont Bordeaux III, la faculté de lettres d'Aix-Marseille I, Tours, Poitiers, Lille III, La Rochelle, Nantes, et à Paris, Censier, Jussieu, Tolbiac, et Villetaneuse.

"Le pari du gouvernement d'utiliser les vacances scolaires pour étouffer la contestation a échoué. Malgré ce lourd handicap de calendrier, la grève s'amplifie dans les universités, et un mouvement fort se dessine pour les semaines à venir", affirme encore l'UNEF.

Les organisations lycéennes et étudiantes promettent une "très forte" mobilisation à l'occasion de la journée nationale de manifestations pour le retrait du CPE, prévue le 7 mars. Selon l'UNEF, elle imposera au gouvernement de retirer le CPE.

Sarkozy perd 8 points, De Villepin 7

02.03.2006


(AFP) Le ministre de la Police, Nicolas Sarkozy, enregistre une chute de 8 points de sa cote de popularité, à 44%, et le Premier ministre Dominique de Villepin de 7 points à 36%, selon le baromètre de mars TNS-Sofres du Figaro Magazine.

Cette baisse affecte, dans une moindre mesure, d'autres membres du gouvernement: le ministre des Affaires sociales, Jean-Louis Borloo, perd 5 points à 33%, Michèle Alliot-Marie (Défense) 6 points à 31%, et Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères) 4 points à 18%.

En revanche, la présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, gagne 3 points à 52%, en tête des personalités "présidentiables". L'ex-Premier ministre Lionel Jospin progresse de 4 points à 32%.

Les personnes interrogées devaient répondre à la question: "pour chacune des personnalités suivantes, souhaitez-vous lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir?".

Plus d'un million de manifestants contre le CPE

07.03.2006


(Reuters) Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à travers la France pour exiger le retrait du contrat première embauche (CPE) défendu par le Premier ministre Dominique de Villepin.

Plus de 160 manifestations ont eu lieu à Paris et dans les principales villes de province, autour d'un unique mot d'ordre: "Retrait du CPE".

A Paris, la manifestation a débuté avec retard place de la République. Un cortège imposant était emmené par plusieurs centaines de jeunes qui avaient pris place devant les dirigeants syndicaux. A Marseille, plus de 100.000 personnes selon les organisateurs, environ 12.000 d'après la police, ont défilé entre le Vieux Port et la place Castellane. Plusieurs milliers de lycéens ont symboliquement pris place en tête de cortège, qui s'est étiré sur 2,5 km derrière une banderole qualifiant le CPE de "contrat pour esclaves".

Parmi les autres banderoles brandies par les étudiants, on pouvait lire "CPE = Chômage, Précarité, Exclusion".

"CPE = Contrat Première Emmerde", proclamait une autre banderole portée par de jeunes manifestants tandis qu'un militant de la CGT avait revêtu un costume de macchabée pour dénoncer la "mort du code du travail".

De nombreux salariés de la fonction publique dont beaucoup d'enseignants étaient également présents dans les manifestations ainsi que des personnels d'entreprises du privé telle que Ford, à Bordeaux. D'autres manifestation ont eu lieu dans de nombreuses villes.

Le CPE jette les "jeunes en pâture" aux employeurs, crient trois générations

07.03.2006


(AFP) Trois générations différentes ont bravé le froid et la pluie à Paris pour crier leur refus du contrat première embauche (CPE) qui jette "les jeunes en pâture" aux employeurs et généralise la précarité, selon eux.

"C'est normal qu'on se révolte: on nous exploite!", dit la souriante Claire, 21 ans, sans emploi après deux CDD au Printemps. "Avec un Bac +2 en commerce international, j'ai été serveuse, vendeuse, standardiste... et en intérim on ne me propose que du secrétariat. Je cherche un appartement: avec un CDD, les loueurs ne veulent déjà rien savoir, avec le CPE ça va être pire ", raconte-t-elle.

"Cette loi est inadmissible", juge aussi Christelle Couet, 36 ans, salariée chez Hachette, qui a "posé une demi-journée de congé" pour manifester. "On jette les jeunes en pâture" aux employeurs, dit-elle, "Je pense à mon fils de huit ans et demi ... j'ai peu d'espoir de changer les choses, mais au moins je pourrai le regarder dans les yeux".

Philippe Pinon, 58 ans, enseignant à Paris VIII, bonnet rouge enfoncé sur la tête, craint pour l'avenir de ses étudiants, car il doute que "les patrons jouent le jeu". "Le grand risque, c'est qu'ils en prennent un en CPE, puis un autre, et encore un autre, en les jetant comme des kleenex", s'inquiète-t-il.

"Assez, assez, assez de précarité", hurlent en écho les lycéens venus en masse à la manifestation, armés de pancartes scotchées à la va-vite et affirmant: "Sois jeune et tais-toi", "CPE= Contrat Pour mieux t'Entuber", ou "CPE, Crevez Pour Eux".

"On ne peut pas prendre et jeter les gens comme ça, sans aucune raison", s'indigne Delphine Romac, 17 ans.

Au-delà du CPE, les manifestants dénoncent une "généralisation de la précarité".

Sabrina Laidouni, 29 ans, s'inquiète ainsi pour "tous ceux qui n'ont pas le choix", comme son oncle, "chauffeur routier en intérim à qui on vient de proposer un Contrat nouvelle embauche (CNE) à 57 ans!". "Il sait très bien que dans deux ans, on va se débarrasser de lui, et à 59 ans il lui manquera une ou deux annuités pour la retraite", prédit-elle.

Chevelure blanche et foulard coloré dans le froid piquant, Martine Maso, 82 ans, est "heureuse de voir tant de jeunes réagir" face à une "régression sociale épouvantable". "Il leur faut de vrais contrats, de vrais salaires, pour ne plus être à la charge de leurs parents", dit-elle.

Villepin perd 11 points d'opinions favorables à 41%

07.03.2006


(AFP) Dominique de Villepin perd 11 points d'opinions favorables en un mois, tombant à 41% de personnes approuvant son action comme Premier ministre, selon le sondage mensuel IFOP/Paris Match publié mardi.

Dans ce tableau de bord, rendu public le jour de manifestations dans toute la France contre le CPE, le Premier ministre passe de 52% d'approbation en février à 41% en mars. 59% des personnes interrogées (+12 points) déclarent désapprouver son action.

Quant au président Jacques Chirac, il perd 2 points d'opinions favorables, à 35%. La proportion de sondés qui désapprouvent son action passe de 63% à 65% (+2).

Au classement des personnalités politiques, la socialiste Ségolène Royal continue de progresser: avec 70% de bonnes opinions (+3). Dans le hit parade de la popularité, Bernard Kouchner est deuxième et Jack Lang est à la 3è place avec 66% d'opinion favorables. Bertrand Delanoë est 4è (63%), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière) fait un bond de la 14è à la 5è place du classement (+5 à 58%). Jean-Louis Borloo (Parti radical) cède 1 point à 57%, à la 6è place, tandis que Nicolas Sarkozy (UMP), 8è, reste stable à 56%.

Dans ce tableau Dominique de Villepin perd 11 points: avec 51% de bonnes opinions, il dégringole de la 4è à la 15è place, loin derière José Bové à la 10ème place du palmarès à 54% (+2).

Le Parlement adopte définitivement le CPE

09.03.2006


(AP) Le Parlement a définitivement adopté, après un ultime vote des sénateurs, le projet de loi sur l'égalité des chances qui met en oeuvre le décrié contrat première embauche (CPE).

Le Sénat a approuvé, par 178 voix contre 127 le texte de compromis élaboré en commission. Les sénateurs de gauche ont voté contre, tandis que les centristes se sont majoritairement abstenus. Le texte est donc définitivement adopté au Parlement. La gauche va saisir le Conseil constitutionnel.

La contestation étudiante anti-CPE ne faiblit pas

09.03.2006


(AFP) Après l'adoption définitive jeudi 9 mars par le Parlement de la loi instaurant le Contrat première embauche (CPE), le Premier ministre Dominique de Villepin a précisé que ce texte s'appliquerait "dans les prochaines semaines". Sur le terrain, la contestation étudiante ne mollit pas. Sur les 84 universités françaises, entre 31 (selon le ministère de l'Education nationale) et 40 (selon l'UNEF) étaient touchées à des degrés divers. A la Sorbonne à Paris, une centaine d'étudiants a passé la nuit dans un amphithéâtre. Au matin, pour éviter que le mouvement ne prenne trop d'ampleur, des CRS filtraient les entrées de l'université paralysée.

Malgré la rue et les sondages,
Villepin n'entend pas fléchir sur le CPE

07.03.2006


(AFP) Malgré la forte mobilisation des syndicats et des étudiants et une popularité en chute libre, Dominique de Villepin se refuse pour l'instant à toute inflexion sur le contrat première embauche (CPE). Il se dit prêt malgré tout à "enrichir" les mesures gouvernementales pour l'emploi des jeunes tout en excluant de retirer le CPE.

Alors que, selon la CGT, plus d'un million de personnes ont battu le pavé à travers la France (396.000 selon la police), soit plus du double du coup de semonce du 7 février, le Premier ministre a certes affirmé devant les députés "respecter les inquiétudes et les peurs qui s'expriment", mais il a également martelé son refus de "l'immobilisme".

"Il est temps de faire des choix et de les assumer", a-t-il dit dimanche pour résumer son état d'esprit. Et s'il a promis de présenter "le moment venu" une évaluation du CPE, il a réaffirmé que ce contrat était "un véritable contrat anti-précarité".

Une opinion de moins en moins partagée par les Français, à en croire les sondages. Dans le dernier baromètre LH2-Libération, 59% réclament l'abandon du CPE. Dans les cortèges, les manifestants s'en sont donné à coeur joie pour rebaptiser le CPE: "contrat pour esclave", "contrat poubelle embauche", "cadeau au patronat encore"...

Cette opposition croissante au CPE touche de plein fouet le chef du gouvernement, dont la cote de confiance chute de 11 points (à 41% d'opinions favorables) dans l'enquête Ifop/Paris-Match publiée ce 7 mars.

"Le charme de Dominique de Villepin a cessé d'opérer (...) Maintenant, derrière celui qui porte beau, on voit une vraie politique de droite, une politique de précarité", explique Claude Bartolone (PS).

L'équation s'annonce des plus délicates pour le Premier ministre, car un recul sur le CPE pourrait lui coûter cher au sein de son électorat. Reste à savoir comment M. de Villepin -dont son lointain prédécesseur Alain Juppé avait dit un jour qu'il ferait un "bon Premier ministre en temps de guerre"- fera face à cet avis de tempête.

Appel à la manifestation partout en France le samedi 18 mars

09.03.2006


(AFP) Les syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens hostiles au CPE ont décidé d'appeler à une nouvelle journée d'action avec des manifestations partout en France, le samedi 18 mars.

Réunis au siège de la CFDT 48 heures après le succès de la mobilisation du 7 mars (entre 400.000 et 1 million de manifestants), les syndicats des salariés ont également décidé d'apporter leur soutien à la journée d'action des étudiants et lycéens fixée au jeudi 16 mars.

Les confédérations syndicales CGT, CFDT, FO, CFTC et la CFE-CGC, ainsi que l'Unsa, la FSU, l'Unef, Solidaires, la Confédération étudiante, l'UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (fédération indépendante et démocratique lycéenne), signataires de l'appel commun ont convenu de se retrouver le 18 au soir pour faire le point de la situation,

Dans une déclaration commune lue au sortir de leur réunion, les organisations signataires notent que "les manifestations du 7 mars marquées par un très grand succès constituent une montée en puissance dans la mobilisation et les actions engagées, tant chez les salariés que chez les étudiants et les lycéens pour le retrait du CPE".

"A ce jour, le gouvernement s'obstine, les organisations syndicales de salariés, étudiantes et lycéennes unanimes, réunies ce jour, lui répondent avec force en décidant d'une nouvelle étape de mobilisation qui sera, que le gouvernement n'en doute pas, encore plus forte que la précédente", poursuit la déclaration.

Les signataires "réaffirment leur volonté d'obtenir le retrait du CPE porteur de précarité, discriminatoire pour la jeunesse et, donc, pénalisant pour l'avenir de la société".

Les étudiants et lycéens appellent à se mobiliser "massivement" contre le CPE

11.03.2006


(AP) La FIDL appelle "l'ensemble des lycéens de France" à "se mobiliser massivement" contre le contrat première embauche (CPE). Dans un communiqué diffusé samedi, le syndicat lycéen souhaite la tenue d'assemblées générales dans tous les établissements afin de préparer la manifestation du 16 mars.

"Nous, lycéens de France, nous battrons tous ensemble jusqu'au retrait du CPE, jusqu'à la victoire!" promet la FIDL. L'Union nationale lycéenne (UNL) estime également que les mesures annoncées par Dominique de Villepin lors de son intervention télévisée "ne sont que de la poudre aux yeux" et maintient son appel "à organiser dès lundi des assemblées générales dans les lycées pour voter la grève" contre le CPE. "Monsieur de Villepin a une fois de plus montré qu'il ne comprenait rien à la situation dans la société" en excluant de retirer le CPE, a jugé l'UNL dans un communiqué dénonçant "la démarche butée" du Premier ministre.

Du coté des étudiants, un peu plus de 300 délégués d'une quarantaine d'universités et IUT de France se sont réunis en assemblée générale à l'université de Poitiers (Vienne), où ils ont décidé de poursuivre leur mobilisation contre le CPE (contrat première embauche). Ils ont tour à tour évoqué les formes prises par le mouvement dans leurs différents établissements. La plupart ont évoqué des blocages qu'ils ont l'intention de poursuivre, et si possible d'amplifier jusqu'à la manifestation du 16 mars.

Les étudiants de Poitiers, qui se disent "à la pointe du mouvement", ont rappelé qu'ils avaient notamment brûlé des voitures en carton devant la préfecture de la Vienne le 6 mars, bloqué la voie ferrée Paris-Bordeaux pendant trois heures le 7, et l'hôtel des impôts le 9 et le 10. "Nous voulons être totalement pacifiques mais totalement fermes dans notre détermination à obtenir l'abrogation du CPE", a conclu le délégué poitevin Tangui Le Bolloc'h.

Les étudiants occupent la Sorbonne
pour la première fois depuis mai 1968

11.03.2006


(AFP/AP) Emblème de l'université française et haut lieu des événements de Mai 68, la Sorbonne est devenue le symbole de la mobilisation contre le CPE avec son occupation par des centaines d'étudiants alors que plusieurs dizaines d'autres universités étaient toujours le théâtre de divers mouvements anti-CPE.

La Sorbonne, occupée depuis deux nuits, a été envahie peu avant 17H00 par plusieurs centaines de personnes qui ont pénétré dans le bâtiment en passant par des fenêtres au rez-de-chaussée. Ils "organisaient leur plan de défense" en vue de passer la nuit à l'intérieur de l'université.

A l'intérieur de la Sorbonne occupée, les jeunes se sont réunis en assemblée générale dans un amphithéâtre et ont brandi leurs cartes d'étudiants pour répondre au rectorat qui avait affirmé un peu plus tôt qu'il s'agissait "d'étudiants radicaux, agitateurs, et sans-papiers".

Vers 16H30, après une échauffourée avec les gendarmes mobiles rue de la Sorbonne, les manifestants anti-CPE sont parvenus à pénétrer par surprise dans l'université en s'engouffrant par une fenêtre en rez-de-chaussée rue Saint-Jacques. "10 mars 2006 jour mémorable", a alors écrit une main enthousiaste sur un tableau blanc de la salle de musique où un jeune homme entonnait le chant révolutionnaire italien Bella Ciao. Puis dans la cour pavée de la Sorbonne, sous l'oeil de la statue de Victor Hugo, des dizaines d'étudiants ont apporté des tables et des chaises pour élever une barricade, juste sous le nez des vigiles du rectorat censés empêcher leur entrée dans l'université.

Sous une fresque historique de l'amphithéâtre Descartes, un jeune homme se met à jouer au piano les Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach. Il est 19H00 et 300 étudiants viennent de discuter gravement de leurs revendications. Vers 23h00, les étudiants ont en outre reçu le renfort de quelque 150 intermittents du spectacle, venus de leur manifestation au Châtelet.

Trois mini barricades ont été érigées sans la soirée boulevard Saint-Michel. L'une au niveau de la place de la Sorbonne, une deuxième barricade en face de la place de la Sorbonne, et une troisième a été installée à une vingtaine de mètres de la deuxième. Barrières de chantier, grilles d'arbre, panneaux de signalisation ainsi qu'un conteneur de récupération pour le verre ont notamment été mis à contribution. Un grand feu de papier et de palettes de bois a également été allumé sur le boulevard, tandis qu'un groupe d'étudiants équipés de trombones, de trompettes et d'un tambour animaient la soirée.

Déjouant la surveillance policière, quelques manifestants ont réussi à rejoindre les occupants de la faculté en passant par un échafaudage et les toits.

Depuis leur "prise" de la Sorbonne, les étudiants sont persuadés d'être en position de force dans leur bataille contre le CPE. "Le gouvernement sait que s'il agit violemment, cela va rendre le CPE encore plus impopulaire qu'il ne l'est", déclare un jeune orateur à la foule. D'autres insistent sur un mot d'ordre: "la Sorbonne est un patrimoine historique, il ne faut pas qu'il y ait la moindre dégradation importante."

"Les seules dégradations minimes que nous avons commises, c'est de forcer des serrures", assure un jeune homme prêchant le pacifisme. A la fin de l'"AG", sur le grand tableau noir de l'amphithéâtre occupé, une question est écrite à la craie: "Doit-on se défendre si les CRS chargent?" A mains levées, les étudiants ont majoritairement voté "pour une défense activement non violente".

Huit universités (Clermont-Ferrand II, Grenoble II et III, Lille III, Montpellier III, la Rochelle, Rennes II et Paris X) étaient bloquées vendredi soir et 26 autres "perturbées à des degrés divers", sur 84 en France, selon le ministère de l'Education nationale.

La coordination Ile-de-France des étudiants grévistes, réunie vendredi soir à huis-clos à Paris X-Nanterre a appelé à la mobilisation générale pour la manifestation nationale du samedi 18 mars.

Les étudiants évacués de la Sorbonne par les CRS

11.03.2006





(AFP) La Sorbonne a été évacuée par les CRS avant la fin de la troisième nuit d'occupation, alors que plusieurs centaines d'étudiants réclamant le retrait de la loi sur l'égalité des chances, tenaient ce symbole de l'université française.

Les forces de l'ordre étaient entrées dans l'université peu avant 04h00, après avoir pris pris vers 00H30 le contrôle de la place de la Sorbonne, qu'ils ont vidée par des salves de gaz lacrymogènes suivies d'une charge. Dans la cour pavée de la Sorbonne, les CRS ont fait usage de gaz lacrymogènes et parfois de matraques pour pousser les étudiants vers la sortie. Les étudiants avaient essayé de faire face aux CRS en formant des chaînes humaines et en scandant: "Résistance pacifique" et "Police nationale, milice du capital!". L'irruption des forces de police dans le hall, devant l'amphithéâtre Richelieu, a donné lieu à des scènes de panique, alors que certains étudiants tentaient de bloquer les charges des CRS en jetant des chaises et des tables dans leur direction.

D'autres étudiants, surpris dans l'amphithéâtre où ils écoutaient un concert de piano, ont expliqué avoir été "évacués sans violence", et être "sortis calmement" par l'arrière du bâtiment, rue Saint-Jacques.

Vers 05H00, les gendarmes mobiles ont remonté le boulevard Saint-Michel pour en déloger les quelque 200 jeunes qui s'y trouvaient encore, interpellant onze personnes, selon la préfecture. Vingt-cinq manifestants du dernier carré ont également été interpellés. Des vitrines d'un McDonald, situé en bas de la rue Soufflot, ont été en partie brisées. Vers 05H30, les derniers manifestants se sont dispersés. Un étudiant et un photographe ont été blessés.

Les CRS ont alors pris vers 00H30 le contrôle de la place de la Sorbonne, qu'ils ont vidée par des salves de gaz lacrymogènes suivies d'une charge. Ils ont ensuite franchi le boulevard Saint-Michel, où ils ont démantelé une barricade, avant de se replier sur la place de la Sorbonne, face aux manifestants, un face-à-face qui a perduré jusqu'à l'évacuation de l'université.

Sarkozy: "Il fallait le faire. On l'a fait"

11.03.2006




Nicolas Sarkozy aux Antilles avant son retour à Paris
(AP) Nicolas Sarkozy s'est employé à tirer un bénéfice médiatique de l'évacuation dans la nuit de vendredi à samedi de la Sorbonne, dirigée en direct depuis l'avion qui le ramenait de la Martinique à Paris après son déplacement aux Antilles.

A 22h45 à Fort-de-France (3h45 à Paris), l'Airbus A310 de l'armée de l'air dans lequel ont pris place le ministre de l'Intérieur, ses collaborateurs et une cinquantaine de journalistes, s'apprête à décoller. Nicolas Sarkozy a avancé son départ de la Martinique (initialement prévu le lendemain en début d'après-midi) en raison de l'occupation de la Sorbonne par des étudiants opposés au contrat première embauche (CPE).

Le ministre de l'Intérieur a laisse entendre aux journalistes que l'université symbole de mai 1968, occupée depuis trois jours, va être évacuée. "On vous en dira plus après le décollage", lâche-t-il, énigmatique, avant de gagner sa place à l'avant.

A 22h55, alors que l'avion vient à peine de décoller, le conseiller en communication du ministre, Franck Louvrier, annonce que les CRS sont entrés dans l'université pour évacuer les 200 étudiants qui s'y trouvaient.

A 23h (4h heure de Paris), Nicolas Sarkozy, en liaison toutes les 10 minutes avec le directeur des CRS Christian Lambert, qui dirige l'opération sur les lieux, confirme. "Il fallait le faire, on l'a fait. On a pris la décision cette après-midi à 17 heures (22h à Paris) avec Dominique de Villepin", précise le ministre de l'Intérieur. "On a décidé de l'heure avec Christian Lambert, Michel Gaudin (directeur général de la police nationale) et Claude Guéant (son directeur de cabinet)".

1968-2006, les parallèles

12.03.2006


(syti.net) L'occupation de la Sorbonne, son évacuation par les CRS, puis sa fermeture, les barricades boulevard St Michel, tout cela rappelle les événements de mai 1968... Autres parallèles: l'ennui et l'atmosphère étouffante créés par une droite ultra-répressive, des salaires qui stagnent depuis 20 ans, la crise du logement, et surtout, la jonction entre entre le mouvement étudiant et celui des salariés, ce qui n'était jamais arrivé depuis 68. Pour l'anecdote, on peut aussi y ajouter le retour de la mode du jean ou des cheveux longs qui symbolisent la liberté et le "lâcher-prise"...

On retrouve des similitudes au niveau du contexte international, l'Amérique de Bush ayant des points communs avec celle de Nixon: guerres inutiles au bénéfice du lobby militaro-industriel, malhonnêteté foncière des dirigeants, mensonge permanent érigé en méthode de gouvernement, et volonté de restreindre la démocratie.

Eléments nouveaux en 2006: la défiance du peuple envers des élites discréditées, le nouvel esclavage et la précarité généralisée engendrés par la mondialisation, autant de facteurs qui ne peuvent qu'amplifier la révolte...

Villepin reste inflexible sur le CPE, malgré quelques ouvertures

12.03.2006


(AP/AFP) Dominique de Villepin a exclu dimanche soir de retirer le CPE. "La loi qui a été votée s'appliquera", a déclaré le Premier ministre sur TF1.

"Cette loi sera mise en oeuvre mais je souhaite compléter les garanties qui sont apportées par des nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux" dans le cadre de la loi, a-t-il ajouté. Le Premier ministre a notamment proposé la création d'un "référent" qui accompagnerait et conseillerait les jeunes salariés tout au long de la période de deux ans au cours de laquelle le contrat peut être rompu sans justification.

En cas de licenciement, Dominique de Villepin a proposé le versement d'un "complément de rémunération qui s'ajouterait à l'allocation chômage pour une période, par exemple de trois mois, et qui permettrait au jeune d'avoir une formation complémentaire
(...) de façon à retrouver rapidement un emploi".

Il a également proposé aux partenaires sociaux d'évaluer régulièrement la mise en oeuvre du CPE et il a émis le souhait de les rencontrer en avril pour "ouvrir un dialogue sur la précarité".

Alors que la semaine s'annonce à risques avec trois journées de mobilisation programmées mardi, jeudi et samedi à l'appel des syndicats et des étudiants, M. de Villepin, qui dévisse dans les sondages depuis un mois, a reconnu "beaucoup de malentendus, de confusion et d'incompréhensions". Assurant "comprendre" les inquiétudes des Français, le chef du gouvernement s'est proclamé "homme d'action et de conviction" mais aussi "d'écoute et de dialogue".

Bruno Julliard, le président du principal syndicat étudiant l'UNEF, a immédiatement exprimé son "sentiment de déception mêlé à de la colère".

"Atterrée par l'autisme total" du Premier ministre Dominique de Villepin, qui a refusé dimanche soir de retirer son contrat première embauche, la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) a annoncé que "les jeunes ne dialogueraient pas avec un pistolet sur la tempe". Le syndicat "appelle tous les lycéens de France à se réunir en assemblée générale pour décider de nouvelles actions et à préparer le grand rendez-vous de la jeunesse contre le CPE lors des manifestations du jeudi 16 mars".

"A force de prendre de haut les jeunes, le gouvernement ne va qu'accentuer la colère", prévient la FIDL. "Aucun dialogue ne pourra être envisagé tant que le CPE ne sera pas purement et simplement retiré".

L'ensemble des syndicats de salariés ont également rejeté la proposition d'entamer les négociations, conditionnant celles-ci au retrait pur et simple du CPE. "Tant que le gouvernement ne retire pas son projet et que les deux points clés restent, la période d'essai de deux ans et l'absence de motif pour licencier un salarié, je ne vois pas comment les discussions peuvent s'engager", a déclaré Jean-Claude Mailly, numéro un de Force Ouvrière (FO).

Les étudiants déterminés à poursuivre la mobilisation

12.03.2006




assemblée générale des étudiants à l'université de Rennes
(AFP) Les étudiants anti-CPE ont affiché ce week-end leur détermination à poursuivre lundi, lors de dizaines d'assemblées générales, leur mobilisation, avec trois manifestations prévues cette semaine.

Dominique de Villepin a annoncé sur TF1 que "la loi qui a été votée" sur le CPE "s'appliquera" mais qu'elle sera "complétée" de "nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux" sur son application.

"J'ai un sentiment de déception mêlé à de la colère, le Premier ministre n'a pas entendu la jeunesse et a fait un long discours avec les arguments mensongers que nous entendons depuis le début", a réagi Bruno Julliard, président de l'UNEF. De son côté, le syndicat lycéen FIDL s'est dit "atterré par l'autisme total dont a fait preuve" le Premier ministre.

Réunie à Poitiers, la coordination nationale étudiante - qui rassemble des délégués de chaque université élus en assemblée générale - a réaffirmé dimanche sa "détermination" et appelé les jeunes à manifester dès mardi, avant les manifestations de jeudi, à l'appel du collectif d'organisations de jeunesse Stop-CPE, et de samedi avec les confédérations syndicales.

Les deux syndicats lycéens, UNL et FIDL, ont par ailleurs appelé les lycéens à "voter la grève" en assemblées générales, voire à "décider le blocage" des établissements.

Près de la moitié des universités sont déjà en grève. Dans le courant du week-end, certaines d'entre elles ont été bloquées ou occupées par des étudiants, comme Toulouse II-Le Mirail, Rennes II, Montpellier II et III, Caen, Tours, Brest, Nantes, le Havre, Rouen, Grenoble II et III ou encore Dijon.

Trois présidents d'université réclament le retrait du CPE

12.03.2006


(AP) Les présidents des universités de Nanterre-Paris X, de Toulouse-Le Mirail et de Nantes demandent au Premier ministre Dominique de Villepin le retrait du contrat première embauche (CPE).

Dans une lettre adressée à Dominique de Villepin, le président de l'université de Nantes, François Resche, lui "demande solennellement de suspendre le CPE et d'ouvrir des négociations avec toutes les organisations professionnelles et étudiantes concernées".

Le président de l'université de Toulouse, Rémy Pech, "déplore vivement les violences policières survenues à la Sorbonne au cours de la nuit de vendredi à samedi, qui ne peuvent qu'aggraver une situation déjà tendue dans la majorité des universités françaises".

"Nous sommes en plein dans notre rôle lorsque nous nous soucions à la fois des débouchés des études des étudiants et du fait qu'ils puissent suivre ces études de façon sereine. Actuellement, ils ne le peuvent pas parce que cette obstination que manifeste le gouvernement a abouti à exacerber le conflit ", a déclaré Rémy Pech dimanche sur LCI.

Sur la même chaîne, Olivier Audéoud, président de l'université de Nanterre-Paris X, a demandé au gouvernement "de répondre à la jeunesse de façon claire et
(...) de retirer le CPE. Ca me paraît la seule solution. Faute de quoi, je ne sais pas ce qui peut arriver la semaine prochaine".

C'est à Nanterre qu'était né le mouvement du 22 mars qui avait débouché sur la grande contestation etudiante de mai 1968.

Violents incidents entre manifestants et forces de l'ordre au Quartier Latin à Paris

14.03.2006


(AP) Plusieurs centaines de jeunes, dont certains masqués, ont affronté les forces de l'ordre mardi en fin d'après-midi à proximité de l'université parisienne de la Sorbonne, au terme d'une manifestation d'étudiants et de lycéens contre le contrat première embauche (CPE).

La manifestation spontanée, d'environ 8000 participants, était partie dans le calme de la place d'Italie peu avant 15h30, rassemblant principalement des étudiants, mais également des lycéens venus de plusieurs universités et établissements scolaires de la capitale.

Au terme de cette marche qui est arrivée a proximité de la Sorbonne vers 16h30, les premiers incidents ont éclaté à l'angle de la rue Saint-Jacques et de la rue des Ecoles. Plusieurs dizaines de jeunes ont lancé des bouteilles et des cailloux sur un barrage de gendarmes mobiles, qui ont répondu à plusieurs reprises à des jets de gaz lacrymogène.

Tandis que les groupes les plus radicaux provoquaient les forces de l'ordre, plusieurs milliers d'autres jeunes étaient restés sur place en spectateurs.

Après avoir reçu des grilles métalliques, les gendarmes mobiles ont procédé à une brève charge pour se dégager, rejoints par des CRS qui ont provoqué le reflux des manifestants sur le boulevard Saint-Michel.

A 18h30, c'est une foule d'environ 2.000 à 3.000 personnes qui entrait sur la place de la Sorbonne où de nouveaux incidents, plus violents, éclataient avec les CRS, qui ont immédiatement dégagé la place en tirant plusieurs grenades lacrymogènes, noyant les lieux dans un épais nuage de fumée bleue.

A 20h30, les incidents se poursuivaient, non seulement avec la frange la plus radicale des étudiants et des lycéens, mais également avec une centaine de manifestants d'extrême droite venus faire le coup de poing contre les protestataires anti-CPE.

Peu avant 20h, la préfecture de police faisait état de sept interpellations, soulignant qu'il s'agissait d'un bilan provisoire en raison de la poursuite des incidents.

Le mouvement anti-CPE s'étend dans le Sud-Ouest

14.03.2006


(AP) Le mouvement des étudiants contre le contrat première embauche s'est étendu dans le Sud-Ouest. A Bordeaux, après l'université de lettres Bordeaux III, les universités de Bordeaux I (sciences) et de Bordeaux II (psychologie-sociologie) ont voté le blocage à partir de ce mardi soir.

A La Rochelle (Charente Maritime), le blocage a été levé dans la matinée, mais une assemblée générale inter-universités a voté la grève des cours sans blocage jusqu'au retrait du CPE. Environ 500 étudiants ont par ailleurs manifesté dans l'après-midi devant le tribunal de La Rochelle.

A Poitiers, une assemblée générale a voté la reconduction du blocage des universités, avant qu'une opération escargot composée d'une centaine de voitures ne se déroule dans la ville.

La gare de Nantes bloquée en fin d'après-midi par des étudiants

14.03.2006


(AP) Près de 2000 étudiants et lycéens protestant contre le contrat première embauche ont envahi mardi la gare de Nantes, occupant pendant environ une heure et demi les voies avant de se retirer.

Après s'être rassemblés à un arrêt de tramway proche de la gare SNCF, les étudiants ont d'abord emprunté des rues peu fréquentées derrière la gare, avant de pénétrer brusquement dans le hall puis de descendre sur les voies bloquer le trafic des trains.

Pour Maelle, une étudiante en droit qui fait partie des leaders du mouvement, les étudiants ont "choisi la gare car c'est un lieu symbolique économiquement et que la "loi sur l'égalité des chances" signifie la mort économique des étudiants et des apprentis."

La SNCF qui craignait un accident a interrompu la circulation ferroviaire dès que les étudiants ont exprimé leur intention d'occuper les voies. Les manifestants qui se sont répartis sur l'ensemble des voies de la gare, ont occupé les lieux pendant environ une heure et demie avant de se retirer, après avoir parlementé avec les forces de police.

Les policiers ont usé de lacrymogènes pour obliger les grévistes les plus récalcitrants à dégager les voies. Une quinzaine de trains ont été bloqués suite à ce mouvement.

Des centaines de milliers de jeunes redisent "non" au CPE

16.03.2006


(AP/AFP) Les jeunes persistent et signent. A l'avant-veille d'une nouvelle journée de mobilisation, des centaines de milliers d'étudiants et de lycéens - ces derniers très nombreux - ont manifesté dans toute la France contre le contrat première embauche (CPE). La participation globale aux manifestations était nettement plus importante que deux jours plus tôt, lors des précédentes manifestations d'étudiants et de lycéens. Au total, 500.000 personnes ont défilé selon les organisateurs.

Dans plusieurs villes, des incidents ont éclaté avec les forces de l'ordre. Plus de 80 lycées et les deux tiers des universités étaient bloquées ou perturbées par des grèves, des occupations, des barrages filtrants, ou la distribution de tracts. Une trentaine de lycées étaient touchés à Paris, selon le rectorat. Devant deux d'entre eux, Hélène-Boucher (XXe) et Balzac (XVIIe), les lycéens ont construit des mini-barricades.

Plus des deux tiers des 84 universités françaises étaient toujours touchées par le mouvement, grèves et blocages des campus, ainsi que des dizaines de lycées.

Le Premier ministre Dominique de Villepin s'est une nouvelle fois dit "ouvert au dialogue dans le cadre fixé par la loi pour améliorer" le CPE. "Je suis très attentif au bon déroulement de cette journée", a-t-il déclaré avant de rappeler qu'il recevrait les présidents d'université à Matignon dans la soirée.

Insuffisant, ont répondu les étudiants et lycéens qui exigent le retrait pur et simple du CPE, contrat réservé aux jeunes de moins de 26 ans et assorti d'une période d'essai de deux ans. "Retrait du CPE!", "Chirac, Villepin et Sarkozy: votre période d'essai, elle est finie!" ou encore "Non! Non! Non à la précarité", ont notamment scandé les manifestants dans les différents cortèges.

Selon l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), 66 universités sur 84 étaient en grève, tandis que 500.000 personnes participaient à 196 cortèges dans toute la France.

"On ne peut pas vivre avec un couteau sous la gorge", a observé dans la manifestation parisienne Sophie Cojan, étudiante en cinéma âgée de 21 ans. Comme de nombreux autres manifestants, elle portait sur ses vêtements un sac en plastique noir pour rappeler que les jeunes ne sont "pas jetables". "Je ne dis pas que tous les patrons sont mauvais, mais la bonne volonté ne suffit pas".

A Paris, Bruno Julliard, le président de l'Unef, s'est déclaré "très optimiste" sur la mobilisation pour cette journée. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a salué "une vraie lame de fond dans la jeunesse contre le CPE", tandis que Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a assuré que le mouvement "continue de s'amplifier".

"Le mouvement va crescendo, le gouvernement va devoir plier", a également estimé Tristan Rouquier, président national de la Fédération indépendante démocratique lycéenne (FIDL). "Nous donnons rendez-vous aux étudiants et aux salariés pour la manifestation de samedi qui sera le vrai rendez-vous de la lutte contre le CPE".

Dans la matinée, entre 7000 personnes, selon la police, et 15.000, selon les organisateurs, avaient manifesté dans les rues de Marseille contre le CPE. Le cortège bruyant et coloré était constitué d'une majorité de lycéens, une première dans la mobilisation phocéenne, qui répondaient à l'appel d'une journée "lycées morts".

A Toulouse, ils étaient plus de 17.000 à dénoncer le CPE. Le cortège était mené par des lycéens et étudiants, scandant notamment "Marre, marre, marre du CPE! Oui, oui, oui au CDI". En matinée, des heurts avaient éclaté devant l'université des sciences sociales entre partisans et opposants au blocus de l'université. Les cours ont été suspendus jusqu'à lundi, sur décision de la direction.

L'ambiance était également très tendue à Rennes, où entre 15.000 manifestants selon l'UNEF ont défilé à la mi-journée. Avant le rassemblement, une centaine d'étudiants avaient occupé le salon d'honneur de la mairie de Rennes, avant d'être délogés par les CRS. Des affrontements se sont déroulés à l'issue de la manifestation avec les forces de l'ordre.

A Paris où 200.000 lycéens et étudiants étaient dans le rue, de graves incidents ont éclaté après le rassemblement entre plusieurs centaines de jeunes et les CRS boulevard Raspail. De source policière, on précisait que 150 personnes ont été interpellées dans la capitale dans le cadre des manifestations contre le CPE.

Des manifestations ont également organisées été dans d'autres villes de France, comme à Bordeaux, où 20.000 personnes étaient dans les rues. Par ailleurs, 4000 manifestants ont défilé à Brest, 3500 à Quimper, 10000 à Nantes, 7000 à Angers, 8000 à Lille, 5000 à Grenoble, 8000 à Lyon, 10.000 à Marseille, 1000 à Périgueux et 4100 à Clermont-Ferrand.

Les manifestants anti-CPE ont également occupé des voies ferrées dans une dizaine de gares, principalement en Bretagne, dans les Pays de la Loire et le Sud Ouest, provoquant des retards pouvant aller jusqu'à 40 minutes, selon la SNCF.

Cette journée est un avant-goût des manifestations prévues le 18 mars dans toute la France à l'appel des organisations de jeunesse et des syndicats. Et ce alors que le rejet de ce contrat s'accroît massivement dans l'opinion. 68% des Français sont favorables à son retrait, soit 13% de plus en une semaine, selon un sondage CSA.

L'issue du conflit reste difficile à prédire. L'ampleur de la mobilisation du 18 mars sera sans doute déterminante. "On attend tous de savoir si dans la rue, dans l'opinion, ça monte ou pas", a expliqué un ministre au quotidien Le Monde sous couvert de l'anonymat. "Villepin ne reculera pas, il va tenir jusqu'au bout. Et s'il ne tient plus, il est mort".

Ambiance tendue à Paris à l'issue de la manifestation
contre le CPE

16.03.2006





(AP) Des centaines de milliers de lycéens et étudiants ont mené une démonstration de force contre le gouvernement en manifestant dans la plupart des grandes villes de France contre le CPE lors de défilés parfois émaillés de heurts, comme à Paris.

Alors que la manifestation s'était déroulée dans le calme et dans une ambiance bon enfant, la situation a dégénéré pendant plus de deux heures en début de soirée. De violents affrontements ont opposé jeunes et policiers dans le Quartier latin, au coeur de Paris, près de la prestigieuse université de La Sorbonne, symbole de la révolte étudiante de mai 1968.

Des jeunes ont incendié un kiosque à journaux et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, à Sèvres-Babylone. Des incidents ont ensuite éclaté place de La Sorbonne, où plusieurs centaines de manifestants ont bataillé avec des cocktails molotov et des fumigènes. Un kiosque à journaux et une librairie et une cabine téléphonique ont été incendiées, une dizaine de voitures renversées ou détériorées dont 3 incendiées.

Les manifestants, qui descellaient des pavés pour en faire des projectiles, ont finalement reculé face aux canons à eau et à de grosses quantités de gaz lacrymogènes. Les forces de l'ordre ont également fait usage de flashballs. Le calme est revenu vers 22 heures.

D'autres heurts ont eu lieu en banlieue parisienne, notamment à Vitry-sur-Seine et au Raincy où une jeune lycéenne a été blessée au visage après avoir reçu des coups de matraque.

Manifestations anti-CPE en Province

16.03.2006


(AP) Marseille - Environ 15.000 personnes ont manifesté jeudi matin dans les rues du centre de Marseille contre le contrat première embauche. Le cortège bruyant et coloré était constitué d'une majorité de lycéens, une première dans la mobilisation marseillaise, qui répondaient à l'appel d'une journée "lycées morts", suivi des étudiants et de quelques représentants des syndicats de salariés. Le défilé s'est terminé par un meeting réunissant syndicats de salariés et organisations de jeunesse devant le Palais de Justice de Marseille, avant de se disperser sans incidents.

Bordeaux - La manifestation anti-CPE a réuni environ 20.000 manifestants, alors que les 4 universités étaient en grève dont 3 bloquées. La quasi-totalité des manifestants étaient des lycéens et des étudiants. La manifestation a duré un peu plus de deux heures dans le centre-ville. Elle s'est poursuivie par un sit-in d'environ un millier d'étudiants sur la Place de la Victoire, et notamment sur les rails de la ligne B du tramway de Bordeaux, dont la circulation a été momentanément interrompue. A l'issue du défilé, les organisateurs ont appelé à participer à la manifestation de samedi avec les syndicats de salariés, ainsi qu'à la mobilisation pour une journée de manifestation nationale le 23 mars.

Rennes - 15.000 manifestants ont manifesté dans les rues de Rennes, réclamant le retrait du contrat première embauche. L'université de Rennes II (lettres et sciences humaines) est en grève avec blocage depuis le 6 février. Jeudi, celle de Rennes I était également bloquée, ainsi que l'Institut d'études politiques.

Avant le début de la manifestation, une centaine d'étudiants ont occupé le salon d'honneur de la mairie de Rennes. Un imposant cordon de CRS a bloqué tous les accès à la Place de la mairie, au coeur de la ville. En début d'après-midi, les occupants ont été délogés par les CRS.

Après la manifestation, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés vers 15h aux abords des locaux de l'UMP. Un face à face tendu s'est engagé avec les forces de l'ordre. Les manifestants ont mis le feu à des poubelles. Pendant environ une heure, des affrontements violents se sont déroulés entre les étudiants et les gendarmes mobiles ou CRS.

Toulouse - Environ 17.000 personnes ont manifesté à Toulouse dans le cadre de la journée de mobilisation nationale pour le retrait du contrat première embauche. Ouvert par une banderole unitaire "Lycéens, étudiants, salariés, précaires: tous contre la casse du code du travail, contre la loi sur l'égalité des chances", le cortège était mené par des lycéens et étudiants, scandant notamment: "Résistance", "Marre, marre, marre du CPE, oui, oui, oui au CDI".

On retrouvait dans la manifestation des étudiants, professeurs et personnels non-enseignant des universités en grève comme le Mirail, Paul-Sabatier et de quelques collèges, portant des pancartes comme: "Quel avenir pour la jeunesse?", "Couillonnés Précarisés Exploités". "La précarité n'est pas dans nos gènes. Aujourd'hui, luttons", disait une banderole de l'IUP Bio.

Nantes - La manifestation contre le contrat première embauche a réuni 20.000 personnes qui ont défilé dans les rues de la ville. Le cortège était essentiellement composé d'étudiants et de lycéens, 200 collégiens et 250 salariés y avaient également pris part. Le défilé est parti de la Place du Commerce vers 17h30 pour faire une boucle autour du centre-ville. Les étudiants ont manifesté dans le calme en scandant des slogans comme "Lycéens, étudiants, chômeurs et salariés, c'est tous ensemble qu'il lutter" ou "Villepin, t'es foutu, les étudiants sont dans la rue!". Les syndicats de salariés (la CGT, FO et la CFDT) avaient pris place à la fin du cortège. Une nouvelle manifestation aux flambeaux était par ailleurs prévue en soirée.

Angers - La manifestation a réuni 7000 personnes. Comme ceux de Nantes, les étudiants et lycéens angevins manifestant contre le contrat première embauche ont investi dans l'après-midi les voies de la gare d'Angers. A l'issue du défilé qui s'est déroulé dans les rues de la ville, les manifestants ont pris la direction de la gare où ils se sont engouffrés dans le hall et pris possession des voies après avoir forcé un cordon de police. Cette manifestation a entraîné des perturbations sur la ligne Paris-Nantes, entraînant des retards d'une heure environ. Le trafic a été dévié vers Tours. Par ailleurs, ne porte en verre a été dégradée dans le hall de la gare et sept personnes ont été interpellées. Trois majeurs ont été arrêtés pour dégradations et quatre mineurs pour des jets de projectiles et outrage envers les forces de police. Ils ont tous été remis en liberté après avoir été entendus par la police.

Poitiers - 8000 manifestants ont défilé dans l'après-midi dans les rues de Poitiers contre le contrat première embauche, alors que l'université d'Angers est bloquée depuis le 13 février. On comptait dans leurs rangs majoritairement des lycéens, des étudiants, mais aussi quelques représentants des syndicats (CFDT, FO, CGT et Sud) ainsi que des partis politiques (LCR et PCF)". Sur les banderoles des syndicats, on pouvait lire: "Ni négociable, ni amendable: retrait du CPE!" alors que les lycéens entonnaient une version remaniée de "La Marseillaise": "Allons enfants de Poitiers, le jour de lutte est arrivé". Le cortège s'est disloqué dans le calme après un sit-in près de la gare.

Tours - Le mouvement a été très suivi avec 4500 manifestants, et une université bloquée depuis le 2 mars.

Lyon - 8000 manifestants ont défilé à Lyon pour demander le retrait du contrat première embauche. Avant le départ du cortège, des lycéens ont grimpé sur la statue de Louis XIV, place Bellecour, pour y accrocher une banderole "Lycéens en colère". De nombreux manifestants, parmi lesquels 500 syndicalistes, selon la police, ont apposé sur leurs vêtements des autocollants fluos sur lesquels on pouvait lire "Un contrat, un vrai statut, un vrai salaire. Pour le retrait du CPE!".

Depuis le 14 mars, l'université Lumière Lyon II (28.000 étudiants) est totalement bloquée. Le 15 en fin de journée, la direction de l'Institut d'études politiques (Science-Po) de Lyon a décidé de fermer l'établissement jusqu'àu 20 mars. Quelques heures avant, les étudiants avaient voté le blocage total de l'IEP, comme à Lille quelques jours plus tôt.

1,5 million de personnes manifestent dans toute la France

18.03.2006


(AP/AFP) Les manifestations organisées samedi dans toute la France contre le contrat première embauche (CPE) ont rassemblé au total 1,5 million de personnes.

Les défilés, où l'on était venu souvent en famille, ont rassemblé des foules nombreuses. On a dénombré 130.000 manifestants à Marseille, 55.000 à Bordeaux, 50.000 à Toulouse, 40.000 à Nantes, 35.000 à Rennes, 20.000 à Brest, 15.000 à Poitiers, à 25.000 à Lyon, 15.000 à Roanne, 20.000 à Grenoble, 30.000 à Lille, 20.000 à Rouen, 20.000 à Caen, 20.000 à Nancy, 10.000 à Pau, 20.000 à Montpellier, 30.000 à Clermont-Ferrand, et plus de 350.000 à Paris.

Les manifestants scandaient des slogans comme "Retrait du CPE, retrait du CNE ou alors ça va péter", "Villepin, Sarkozy, Chirac, virés, votre période d'essai est terminée", "Dehors ce gouvernement, il précarise et il matraque".

Il semble que ce soit à Marseille que la mobilisation a été la plus forte en province. Le cortège, qui a relié la porte d'Aix au Vieux Port en passant par la Canebière, était tellement long que les premiers manifestants avaient déjà rejoint le point d'arrivée alors que les derniers n'avaient pas encore quitté le point de départ. A l'issue de la manifestation, des incidents ont éclaté devant l'Hôtel de ville de Marseille. Les CRS ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Des incidents ont également été signalés en marge des manifestations à Lille et Clermont-Ferrand.

"Le gouvernement doit prendre conscience de ce qui se passe et ne pas s'entêter", a déclaré Tristan Rouquier, président national de la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne), présent dans le cortège marseillais. "Le rapport de forces est en notre faveur et nous restons mobilisés jusqu'au retrait total du CPE. Si aucune décision n'est prise, nous serons encore dans la rue jeudi."

A Bordeaux, autre ville de forte mobilisation, le cortège a regroupé une grande majorité de salariés, même si ce sont les étudiants qui défilaient en tête. A Pau, des manifestants ont occupé la gare et bloqué la circulation des trains à la mi-journée pendant environ une heure. Montpellier et Grenoble ont connu leur plus forte mobilisation depuis le début des manifestations anti-CPE.

A Paris, le défilé a rassemblé la foule des grands jours, lycéens, étudiants et salariés marchant ensemble sous le soleil, dans une ambiance bon enfant, entre la place Denfert-Rochereau et celle de la Nation.

Toutefois, en fin d'après-midi, quelques dizaines de jeunes casseurs ont troublé la fin de la manifestation, place de la Nation, en s'en prenant à un barrage de CRS sur lesquels ils ont lancé des pierres et des bouteilles. Une voiture a été incendiée, une vitrine et un abribus ont été brisés. A 19h, la préfecture de police faisait état de 14 interpellations, ainsi que 4 policiers et 12 manifestants blessés.

S'appuyant sur cette nouvelle démonstration de force unitaire, les organisations syndicales envisagent d'appeler à la grève générale, au cas où le gouvernement maintiendrait le CPE, alors que la FIDL (lycéens) prévoit une journée d'action dès le jeudi 23 mars.

"Soit le gouvernement entend raison et retire le CPE dès aujourd'hui, soit il sera obligé de le faire la semaine prochaine parce qu'on sera redescendu dans la rue", a déclaré Bruno Julliard pour l'UNEF.

Gérard Aschieri (FSU) a estimé que le mouvement était "monté d'un cran". De même, à la CGT, Bernard Thibault a jugé que la demande de retrait du CPE prenait "encore plus de force" alors que "70% des Français demandent son retrait, dont 80% de jeunes".

A FO, Jean-Claude Mailly a affirmé que "la balle était dans le camp" du gouvernement, récusant tout "dialogue de dupes".

A Paris, l'ensemble des syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens étaient représentés (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa, Unef, Fidl, UNL), ainsi que la FCPE (parents d'élèves) et les partis de la gauche. On retrouvait dans les cortèges Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR), Arlette Laguiller (LO), et pour le PS, Jack Lang, Laurent Fabius, ainsi que François Hollande et Dominique Strauss-Kahn (histoire de se refaire une image "de gauche").

Réunis en fin de journée, les syndicats ont unanimement exclu de renouer le dialogue avec le gouvernement tant que cette mesure ne serait pas suspendue ou retirée. Ils en ont appelé "solennellement au gouvernement et au président de la République", dans une déclaration commune en forme d'ultimatum. Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a affirmé samedi soir que "la porte est ouverte" pour dialoguer en vue "d'améliorer" le CPE mais sans qu'il soit question de le retirer.

Cette journée intervient alors que le gouvernement semble en proie à un isolement grandissant dans le débat sur le CPE: selon un sondage CSA, 68% des Français souhaitent que le gouvernement retire son dispositif (+13% en un mois).

A Paris, toutes générations confondues
contre le CPE et la "précarité"

18.03.2006


(AFP) "Les jeunes ont droit à un avenir". Toutes générations confondues, retraités venus "pour les petits-enfants", parents accompagnant étudiant ou lycéen, jeunes chômeurs et salariés ont défilé à Paris contre le contrat première embauche (CPE)".

Au cortège étudiant et lycéen, coloré, festif, se mêlent les adultes, militants ou parents. Ensuite, défilent, ordonnés, les cortèges syndicaux. "Pour la première fois, c'est une manifestation de toute la société", s'est félicitée Julie Coudry, porte-parole de la confédération étudiante.

Sur la place Denfert-Rochereau bondée en début d'après-midi, alors qu'étudiants et lycéens bien rodés hurlent déjà les slogans contre le CPE ou brocardant le gouvernement, Georges et Eliane Tambutté, un couple de retraités cherche sa place dans le défilé. "On vient pour nos petits-enfants, je suis militant de la CGT depuis 40 ans, et je n'avais jamais vu ça, c'est la destruction du contrat de travail, c'est inadmissible", dit Georges. Déçu et étonné que le CNE (contrat nouvelles embauches), frère jumeau du CPE mais concernant les entreprises jusqu'à 20 salariés sans critère d'âge, "soit passé comme une lettre à la poste", il dit "merci" aux jeunes: "Sans eux, on ronronnait tranquillement.

Père et fille, mère et fille, parents quadragénaires venus avec leur enfant, ils témoignent tous d'une crainte commune face à l'avenir.

"On est dans le privé, c'est difficile pour nous de faire grève ou de manifester en semaine, il faut que le mouvement vienne des jeunes. Moi, j'ai aussi commencé par l'interim pendant trois ans, mais là, deux ans dans l'indécision, c'est inacceptable", affirme Eric Ducros, 45 ans, responsable de bureau d'étude, "non syndiqué", venu avec sa femme et son fils Leo, 9 ans.

"Les jeunes sont moins armés que nous pour se défendre, l'entrée dans le monde du travail est déjà difficile pour eux, on leur met un obstacle de plus", regrette Nicole Beauregard, fonctionnaire, qui manifeste pour la première fois, avec sa fille Delphine, lycéenne.

Jeunes et adultes condamnent une "discrimination" et disent craindre qu'une fois instauré, le CPE entraîne "une ségrégation dans l'entreprise entre les jeunes et les autres". "Ce n'est parce qu'on est jeune qu'on doit être sous-employé", dit Emilie, 20 ans, étudiante en histoire à la Sorbonne.

Les slogans s'adressent au gouvernement: "Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d'essai, elle est finie", faisant allusion aux deux années durant laquelle un employeur peut casser sans motif le CPE, ou détournent le sigle CPE.

Le refus du CPE mobilise étudiants et salariés
de Toulouse à Rennes

18.03.2006


(AFP) Etudiants, souvent avec leurs parents, et salariés ont exprimé en masse leur opposition au contrat première embauche (CPE) dans toute la France avec souvent beaucoup de créativité: têtes d'étudiants plantées sur des piques à Toulouse ou banderoles portant l'inscription "A quand un ministre de la précarité?" à Lille.

A Rennes, sous un soleil de début de printemps, la banderole "Etudiants, lycéens, chômeurs, précaires, salariés contre la loi sur l'égalité des chances" ouvrait un cortège très étiré avec 35.000 personnes. Les étudiants étaient les mieux représentés, avec souvent leurs parents pour porte-parole. Christian Chevrel, 54 ans, technicien chez France Télécom, fustigeait "la précarité" dans laquelle "nagent" ses enfants de 28, 26 et 22 ans. Au milieu du cortège très coloré, Marie-Juliette Mouton, enseignante à la retraite, dénonçait la "dissolution du droit du travail" dont sont victimes ses enfants et ses élèves.

A Marseille, des milliers de personnes ont défilé derrière une banderole demandant le retrait du CPE. Les jeunes de la FIDL et de l'UNL donnaient de la voix: "à ceux qui veulent précariser les jeunes, la jeunesse répond: Résistons!".

A Toulouse, sous un ciel gris, étudiants et salariés ont défilé dans le calme arborant des têtes d'étudiants plantées sur des piques, un homme sandwich avec l'inscription "Villepin, période d'essai non satisfaisante. Viré!" ou encore un lâcher d'une centaine de ballons orange portant des petits billets dénonçant le CPE. Catherine Martinelli, une laborantine femme de cadre CGC était déjà là le 7 mars. "Je reviens pour mes petits-enfants. Je me fais du souci pour leur avenir", dit-elle.

A mi-parcours de la manifestation qui a compté 50.000 participants, un groupe de lycéens déploie une immense banderole bleue: "Liberté de se taire? Egalité dans la précarité? Fraternité dans l'individualisme? Grève générale !".

A Lille, des milliers de manifestants scandaient "Chirac en prison, Villepin démission" ou encore "non, non, non au CPE". Venue avec son enfant de 20 mois dans une poussette, Suzel Tricoteaux, 27 ans, cadre dans l'industrie automobile, participait à sa première manifestation. "S'il y a un an le CPE avait existé, je n'aurais pas été embauchée. Quand on n'apporte pas vraiment de valeur ajoutée, avec le CPE, on restera précaire".

"Villepin tu comprends rien, ton CPE on n'en veut pas", scandaient à Nancy 15.000 manifestants, tandis que les étudiants des Beaux Arts de Strasbourg brandissaient une grande guillotine coupant la tête au "précaire".

A Bordeaux, les manifestants chantaient:"parents licenciés, jeunes précarisés ça ne peut plus durer, ça va péter".

Christine Tujague, 46 ans, institutrice et mère de trois enfants âgés de 18, 20 et 22 ans, était venue se mêler aux manifestants pour demander le retrait du CPE. "Le CPE c'est encore une mesure d'exclusion, je ne veux pas de cette société-là pour mes gosses".

Plusieurs milliers de manifestants à Toulouse

18.03.2006


(AP) Entre 21.000 et 33.000 personnes défilaient en fin de matinée dans les rues de Toulouse pour réclamer le retrait du contrat première embauche (CPE), dans le cadre de la journée nationale de manifestations, selon des sources policière et syndicale.

Le cortège, en tête duquel figuraient une majorité d'étudiants et de lycéens, est parti vers 11h de la place Jeanne d'Arc. "Lycéens, étudiants, salariés précaires contre la casse du code du travail et contre la loi sur l'égalité des chances", proclamait la banderole brandie en tête de manifestation.

"Non à ce gouvernement qui fait des lycéens, des étudiants, des travailleurs de la chair à patrons!", "C comme chômage, P comme précaire, E comme éjectable, retrait du CPE!", scandaient notamment les manifestants.

Des pancartes proclamaient aussi "CPE: Comment Profiter des Etudiants?" ou "CPE, cirque pour les élections".

Au nombre des participants, des jeunes dont certains brandissaient des banderoles d'universités et des salariés du privé et du public rassemblés derrière les pancartes des syndicats traditionnels. Nombre de salariés arboraient des autocollants demandant le retrait du CPE.

Des milliers de manifestants à Montpellier

18.03.2006


(AP) 20.000 manifestants sont partis à 14h30 de la place du Peyrou à Montpellier, pour protester contre le contrat première embauche. Il s'agissait de la plus forte mobilisation dans la ville depuis le début des manifestations contre le CPE.

Les étudiants et lycéens ont ouvert la marche, suivis par les militants des organisations syndicales (CGT, FO, SNES-FSU), représentées en force. Ils ont rejoint la place de la Comédie dans une ambiance conviviale, avec musique, pétards, et intervention de la "Bic" (Brigade d'intervention clownesque).

L'humour était de mise sur les banderoles et pancartes brandies par les manifestants: "Contrat Plombeur d'Espoir", "Cupidité du Patronat Exploiteur des jeunes", "Cherche Pigeon à Embaucher", "Contrat Pour Esclaves" mais aussi "CPE? C'est au fond du couloir à droite", "L'ouvrir maintenant ou la fermer pendant deux ans".

Des attaques plus frontales fleurissaient sur certaines pancartes: "Le gouvernement ment", "Arrêtez de voter à droite, pensez-y, 2007". Avec, en toile des fond, une inquiétude pour l'avenir: "Notre précarité c'est leur tranquillité", "Ni chômeurs ni précaires, Titulaires!", "Sécurité dans un emploi stable et reconnu".

A 16h, aucun incident n'était à déplorer. La circulation de la ligne de tramway était coupée pour une durée indéterminée, le cortège étant présent sur les rails.

Montpellier compte 60.000 étudiants pour 240.000 habitants.

Manifestation festive dans le centre de Lyon

18.03.2006


(AP) 25.000 manifestants ont défilé samedi matin dans le centre de Lyon pour demander le retrait du contrat première embauche (CPE) sous un soleil radieux et dans une ambiance très festive.

Composé en grande partie de lycéens et d'étudiants, le cortège a réclamé des trains au président de la région Jean-Jack Queyranne et au maire Gérard Collomb pour aller à la manifestation parisienne du 23 mars prochain.

Derrière les banderoles syndicales, les étudiants de Lyon-II, qui ont voté le blocage total de leur faculté dès mardi, sont apparus toujours aussi mobilisés.

"Ni négociable ni amendable, un retrait pur et simple du CPE", ont-ils notamment scandé en référence aux discussions qui ont eu lieu vendredi soir à Paris entre les présidents d'université et le Premier ministre Dominique de Villepin.

Partis de la place Bellecour vers 11h15, les participants ont rallié le même lieu deux heures plus tard. En début d'après-midi, la manifestation commençait à se disperser dans le calme.

130.000 manifestants dans les rues de Marseille

18.03.2006


(AP) 130.000 manifestants ont défilé dans les rues de Marseille contre le contrat première embauche (CPE). Le cortège était ouvert par de nombreux lycéens et étudiants, suivis de fortes délégations de syndicats de salariés. La manifestation s'est déroulé sans incidents dans l'après-midi. Seul le siège du MEDEF des Bouches-du-Rhône a fait l'objet de jets d'oeufs et de ballons remplis de peinture.

Le cortège a relié la porte d'Aix au Vieux Port en passant par la Canebière. Il était tellement long que les premiers manifestants avaient déjà rejoint le point d'arrivée alors que les derniers n'avaient pas encore quitté le point de départ.

A l'issue de la manifestation qui s'est achevée vers 17h30, des incidents ont éclaté devant l'Hôtel de ville de Marseille entre des jeunes militants d'extrême gauche qui ont escaladé la façade de la mairie et ont remplacé le drapeau tricolore par un drapeau frappé des mots "Anticapitalisme et autogestion". Les CRS ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Forte mobilisation en Normandie contre le CPE

18.03.2006


(AP) 20.000 personnes ont manifesté samedi après-midi dans les rues de Rouen pour réclamer le retrait total du contrat première embauche (CPE). Au Havre, plus tôt dans la journée, les manifestants étaient 9.000. A Caen (Calvados), la mobilisation était également forte, réunissant 20.000 personnes.

Les divers cortèges se sont déroulés dans le calme. Après des incidents dans les précédents défilés, les syndicats avaient déployé dans les villes normandes un énorme service d'ordre.

Venus souvent en famille, les manifestants étaient plus nombreux à Caen, Rouen et au Havre que le 7 mars. Les différentes manifestations se sont dispersées vers 18h.

Rassemblement d'étudiants et incidents devant la Sorbonne

18.03.2006


(AP) Plusieurs centaines d'étudiants venus de la place de la Nation se sont rassemblés spontanément vers 20h devant la place de la Sorbonne, sous la surveillance d'un très imposant dispositif policier. Les manifestants étaient assis sur la chaussée, boulevard St-Michel, à hauteur de la place, et la circulation était interrompue.

Les participants à ce sit-in étaient venus de la place de la Nation, à quelques kilomètres de là, après la dispersion du défilé parisien avait rassemblé entre 350.000 personnes.

Devant la place de la Sorbonne, plusieurs centaines de gendarmes mobiles étaient déployés pour éviter une nouvelle occupation de l'université. La place elle-même était entièrement interdite au public, fermée par des grillages de deux mètres de haut, derrière lesquels se trouvait un canon à eau.

Devant la place, les manifestants scandaient "Libérez la Sorbonne!", "Rendez-nous la Sorbonne!", ou encore "Police partout, justice nul part!".

La foule scandait également des slogans anti-CPE. Peu après 21h, des petits groupes de jeunes continuaient à arriver sur place et la foule grossissait à vue d'oeil tandis que le face-à-face se faisait plus tendu. Des incidents ont finalement éclaté entre plusieurs centaines de manifestants et les policiers. Peu après 22h, des bouteilles et des sacs poubelles ont été lancés en direction des forces de l'ordre tandis que des manifestants, certains le visage masqué, s'attaquaient aux barrières installées par la police et tentaient d'incendier sans succès un car de CRS à l'aide de poubelles en feu disposées sous le véhicule.

Les forces de l'ordre ont alors éteint le début d'incendie à l'aide d'un canon à eau avant d'asperger la foule pour tenter de la disperser. Plusieurs grenades lacrymogènes ont également été tirées. Une partie des manifestants qui se trouvaient sur place ont alors quitté les lieux.

Peu après 23h, les forces de l'ordre en très grand nombre ont encerclé entièrement les quelques centaines de contestataires qui restaient encore sur place et les CRS ont procédé à plusieurs dizaines d'interpellations musclées. On a pu voir certaines personnes plaquées à terre et frappées avant d'être embarquées.

A minuit, le calme était revenu aux abords de la Sorbonne entièrement quadrillée par les forces de l'ordre, mais des petits groupes de jeunes continuaient à jouer au chat et à la souris avec la police aux alentours de la place Saint-Michel, lançant des canettes de bière sur les forces de l'ordre à l'angle de la rue de la Roquette et de la place Saint-Michel. Un kiosque à journaux et one cabine téléphonique ont également été détruits. Les CRS ont à nouveau tiré des grenades lacrymogènes place Saint-Michel pour disperser les derniers irréductibles.

Des incidents ont également eu lieu en fin d'après-midi place de la Nation où 4 voitures ont été incendiées et 5 autres dégradées Vers 18H00, à peine les derniers manifestants arrivés place de la Nation, 100 à 200 jeunes encagoulés s'en prenaient aux forces de l'ordre à l'angle de la place de la Nation et de l'avenue de Bouvines. Après plusieurs brèves charges et l'usage de grenades lacrymogènes les policiers réussissaient à les repousser vers le cours de Vincennes où ils renversaient des voitures, brisaient des vitrines et s'en prenaient à un fast food. Ils ont ensuite rejoint le boulevard Davout où ils ont érigeaient une barricade qu'ils enflammaient, puis mettaient le feu à des voitures avant d'être délogés par les policiers.

Sur l'ensemble de l'après-midi et de la soirée, la police a annoncé 167 interpellations dont 70 gardes à vue, 7 blessés parmi les forces de l'ordre et 17 parmi les manifestants.

De Villepin reste sourd à la montée de la contestation anti-CPE

19.03.2006


(AP/AFP) Le "dialogue", pas le retrait. Plus que jamais sous pression après le succès de la mobilisation-test du samedi 18 mars et l'ultimatum fixé au 20 mars par les syndicats, le gouvernement campe sur ses positions et persiste à tendre une main pour "améliorer" le CPE, mais en aucun cas pour le retirer. Déterminés, les syndicats menacent de passer à la vitesse supérieure et brandissent le spectre d'une journée de grève générale.

Interpellé par 1,5 million de personnes samedi, Dominique de Villepin est resté muet tout le week-end. Si à Matignon c'est silence radio, les ministres intervenus ce week-end ont redit que le gouvernement n'entendait pas bouger de la ligne qu'il s'est fixé. "Nous allons continuer d'avoir la main tendue. Il faut pouvoir dialoguer. Pour pouvoir dialoguer, il faut se parler", a expliqué dimanche le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, affirmant qu'il "comprend que beaucoup soient inquiets".

Confiant, le ministre délégué à l'Enseignement supérieur François Goulard s'est dit "persuadé" que "des organisations" sont prêtes à discuter avec le gouvernement sur des "améliorations". Il a suggéré qu'une "négociation de branches" pourrait "par exemple aboutir à un accord" pour "réduire le délai" de deux ans durant lequel le jeune peut être licencié. Et de juger "irréaliste" la position de ceux qui font du retrait du CPE un préalable à toute discussion.

"Nous avons écouté" les anti-CPE et "nous voulons les entendre" mais "ne rien faire, différer, retirer, c'est ce qu'il y a de pire", a estimé le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, récusant tout ultimatum. "La loi a été votée, la loi doit donc s'appliquer", martèle le chef des députés UMP Bernard Accoyer.

Au-delà du CPE, c'est l'avenir de Dominique de Villepin à l'aube de 2007 qui semble se jouer. 57% des Français ne lui font plus confiance pour mener d'autres réformes, dont 75% des 15-24 ans. Seuls 66% des partisans de l'UMP lui accordent encore du crédit. Selon un sondage IFOP, sa popularité a encore chuté de 6 points à 37%.

Alors que s'ouvre une semaine de tous les risques, c'est donc un dialogue de sourds qui s'est noué entre la majorité et les lycéens, étudiants et salariés. Déjà, les syndicats de salariés CGT, FO et FSU menacent d'une grève générale. "Il est envisageable, si le gouvernement persiste, de travailler dans l'unité à une journée d'arrêt de travail nationale", a prévenu le patron de la CGT, Bernard Thibault. Ce serait "un nouvel accélérateur", a renchéri son homologue de FO, Jean-Claude Mailly.

De leur côté les lycéens de la FIDL ont annoncé une nouvelle journée de manifestation le 23. Quant au président de l'UNEF, Bruno Julliard, il a estimé qu'il n'y avait "pas de risque" que le mouvement "redescende car il existe encore des réserves importantes chez les lycéens et aussi chez les étudiants".

"On prend le risque d'un accident social" avec le CPE, selon Bayrou

19.03.2006


(AFP) Le président de l'UDF, François Bayrou, estime qu'avec le choix du gouvernement de "s'arc-bouter" sur le CPE "on va tout droit au bras de fer" et "on prend le risque d'un accident social", dans une interview à La Croix.

"Cette montée de la tension est dangereuse pour la France", ajoute M. Bayrou, en faisant valoir que "dans un pays normal, avec une démocratie qui marche, nous discuterions les deux points ligitieux de ce contrat: le licenciement sans motif et la période d'essai de deux ans".

François Bayrou constate que "ce contrat réservé aux jeunes est contraire à tous nos engagements internationaux en matière de droit social". Et de conclure que, "si une réforme est injuste, elle est condamnée à échouer".

Pour le président de l'UDF, "seul le Conseil constitutionnel peut désormais changer les choses" sur le CPE. "Après quoi, poursuit-il, il restera au président de la République à demander, comme la Constitution l'y autorise, une deuxième délibération de ce texte devant le Parlement".

S'agissant de la méthode utilisée pour instaurer le CPE, François Bayrou reproche à M. de Villepin d'avoir "choisi de passer en force et d'ignorer le cadre normal de la délibération démocratique". Estimant que "quelle que soit l'issue de cette crise, les Français se souviendront de ce passage en force", il juge que cela "est lourd de conséquences pour le gouvernement", mais regrette surtout que "cela menace toutes les réformes nécessaires pour l'avenir".

François Bayrou pense que Dominique de Villepin s'est lancé dans son projet de contrat première embauche (CPE) parce qu'"il voulait marquer des points dans la compétition interne à l'UMP".

Six Français sur dix veulent le retrait du CPE, selon un sondage

19.03.2006


(AP) Six Français sur dix (60%) souhaitent le retrait du contrat première embauche (CPE), mais seuls 26% pensent que le Premier ministre Dominique de Villepin va exaucer leur voeux, tandis que 63% pensent qu'il va maintenir le CPE, selon un sondage BVA.

Seules 31% des personnes interrogées se prononcent pour le maintien du CPE; une proportion qui monte à 62% parmi les sympathisants de droite.

La moitié des Français (50%) considère que le contrat première embauche est une mauvaise mesure; 36% que c'est une bonne mesure, mal défendue par le gouvernement; et 9% que c'est une bonne mesure, bien défendue par le gouvernement.

Près de sept sondés sur dix (69%) jugent que la mobilisation anti-CPE est justifiée, contre 28% qui estiment qu'elle ne l'est pas.

Selon un autre sondage réalisé LH2 pour le quotidien "Libération", 80% des jeunes de 15 à 24 ans (+17 points depuis mars) sont hostiles au CPE.

A l'aube des élections de 2007, 71% des Français pensent que ce mouvement est une crise sociale profonde dont le CPE n'est que le révélateur. Par ailleurs, 57% des Français et 75% des 15-24 ans ne font plus confiance à Dominique de Villepin pour mener à bien de nouvelles réformes de société.

L'image du Premier ministre "sort d'ores et déjà fortement fragilisée aux yeux de l'opinion", estime François Miquet-Marty, directeur des études politiques de l'institut LH2, qui parle même de "discrédit".

Les jeunes anti-CPE pensent pouvoir amplifier le mouvement, blocages ou non

19.03.2006


(AFP) Les responsables étudiants pensent que le mouvement anti-CPE peut s'amplifier encore la semaine prochaine, en l'absence de réponse du gouvernement, que la contestation passe ou non par la poursuite des blocages d'universités.

"Il n'y a pas de risque que ça redescende car il existe encore des réserves importantes chez les lycéens et aussi chez les étudiants, il est possible de mobiliser plus. La dynamique est trop largement de notre côté pour ne pas imposer un recul au gouvernement", a estimé Bruno Julliard, président de l'UNEF.

De son coté, Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante, a estime que ce mouvement est "révélateur d'une aspiration démocratique de la génération 2006".

69 universités et plus de 600 lycées touchés par la grève

22.03.2006


(Reuters) La grève anti-CPE touche désormais 69 universités, sur les 84 que compte la France, et plus de 600 lycées sur les 4300 du pays, selon un décompte des principales organisations étudiantes et lycéennes.

Face à la fermeté de Dominique de Villepin, Bruno Julliard, le président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), appelle à "la détermination des étudiants jusqu'au retrait du CPE".

"Depuis 48 heures, l'UNEF n'a plus aucun contact ni avec Matignon ni avec le ministère de l'Education. Nous poursuivrons le mouvement
(...) jusqu'au retrait du CPE", a-t-il dit.

Dans les lycées où la mobilisation a également pris de l'ampleur, plus de 600 établissements ont été touchés par des grèves, selon un décompte de l'Union nationale lycéenne (UNL).

La FIDL et l'UNL ont appelé à une nouvelle journée nationale de mobilisation le 23 mars pour exiger le retrait du CPE.

L'UNL a interpellé le président Jacques Chirac, lui demandant "de prendre conscience de la crise que le gouvernement a engendré dans le pays". "Le Président de la République ne peut rester enfermé dans sa tour d'ivoire, il doit réagir rapidement et raisonnablement en faisant en sorte que le CPE soit retiré.
(...) Partout le pays entrera dans une crise durable si le président de la République et le Premier ministre continuent d'ignorer avec mépris l'ampleur de la mobilisation dans la jeunesse ", lit-on dans un communiqué du mouvement lycéen. Quentin Grivet, secrétaire général adjoint de l'UNL, a assuré que le mouvement "montait en puissance.

De son côté, la FIDL a distribué des tracts sur lesquels on peut lire: "Le gouvernement ne veut rien entendre. Nous devons l'obliger à céder.
(...) Nous lycéens, nous devons maintenant montrer notre détermination et amplifier nos actions jusqu'au retrait pur et simple du CPE". L'organisation invite les lycéens à faire la grève et à occuper les lycées.

Manifestations anti-CPE émaillées de graves violences

24.03.2006


(AFP) Les nouvelles manifestations ont rassemblé de 450.000 jeunes et se sont parfois conclues par des violences, notamment à Paris où un manifestant de 21 ans a été grièvement blessé à la tête. Ce jeune homme a été pris en charge vers 18H30 avenue de la Tour-Maubourg, non loin de l'esplanade des Invalides où quelques centaines de jeunes des banlieues, le visage souvent caché, ont déchaîné la violence. Certains ont dévalisé ou frappé des manifestants, d'autres ont vandalisé des vitrines ou incendié des voitures, tandis que pompiers étaient caillassés.

Les divers heurts ont fait une soixantaine de blessés, dont 27 membres des forces de l'ordre, selon la préfecture de police de Paris. Dans la matinée, des heurts avaient éclaté à Marseille entre policiers et groupes de jeunes, en marge du cortège de 10.000 à 50.000 jeunes.

Les fins de manifestations ont aussi été particulièrement violentes Marseille, et à Rennes où quelques centaines de jeunes se sont opposés aux forces de l'ordre à l'issue de la manifestation qui a réuni 12.000 personnes.

En banlieue parisienne, quelques incidents se sont produits dans la matinée aux abords de lycées, notamment à Savigny-sur-Orge, où 48 personnes ont été interpellées et aux Ulis (Essonne).

Au total, 420 personnes ont été interpellées en France, soit le nombre le plus élevé enregistré depuis le début des violences en marge des manifestations anti-CPE.

Chirac exclut tout retrait de la loi sur le CPE

24.03.2006


(AFP) Jacques Chirac oppose une fin de non-recevoir à ceux qui comptent sur lui pour enterrer le contrat première embauche. Au risque de compliquer le dialogue à peine ouvert entre le gouvernement et les syndicats, le chef de l'Etat a exclu tout retrait de la loi créant le CPE. Il a salué dans le même temps l'ouverture du dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur les "modalités" d'application du texte.

"Je ne suis pas partisan d'une démocratie des ultimatums.
(...) Quand une loi a été votée par le Parlement, conformément à l'esprit et à la règle de nos institutions, elle doit être appliquée, ce qui n'empêche pas naturellement le gouvernement d'en discuter telle ou telle modalité", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse.

Jacques Chirac oppose ainsi une fin de non-recevoir aux appels des syndicats et de la gauche, qui lui ont demandé de ne pas promulguer la "loi sur l'égalité des chances", qui inclut le CPE. Ce texte est en cours d'examen au Conseil constitutionnel, qui pourrait rendre sa décision d'ici la fin du mois.

Jacques Chirac a par ailleurs condamné les violences "intolérables et inacceptables" qui ont émaillé les manifestations du 23 mars à Paris. Le chef de l'Etat a demandé au gouvernement que les casseurs "soient poursuivis et punis avec toute la sévérité nécessaire".

Villepin refuse de retirer le CPE et veut poursuivre les discussions

24.03.2006


(AFP) Dominique de Villepin a déclaré qu'il souhaite poursuivre les discussions dans les prochains jours avec les organisations syndicales, et "trouver des solutions constructives pour répondre aux inquiétudes réelles des jeunes, notamment sur le contrat première embauche".

Le Premier ministre a rencontré pendant plus d'une heure les cinq confédérations syndicales, qualifiant cette réunion "d'importante" et estimant qu'elle constituait "une première étape".

Le chef du gouvernement a par ailleurs confirmé qu'il allait recevoir les organisations étudiantes et lycéennes. "Je souhaite poursuivre les discussions dans les prochains jours: j'invite donc les organisations étudiantes et lycéennes à me rencontrer dès demain à Matignon", a-t-il déclaré.

A l'issue de sa rencontre avec Dominique de Villepin, le leader de la CGT Bernard Thibault avait déclaré quelques minutes plus tôt: "La seule chose que nous ayons obtenue, c'est que Dominique de Villepin reçoive rapidement les organisations de jeunes, lycéennes et étudiantes, et ce sera fait, à notre insistance, demain matin.
(...) Maintenant je crois qu'un des rendez-vous importants, ça va être l'ampleur de la mobilisation de mardi prochain, qui peut-être pourra compter, être déterminante pour la suite des événements".

Les syndicats d'étudiants et de lycéens anti-CPE remettent un courrier à Dominique de Villepin en refusant de le rencontrer

25.03.2006


(AP) Les représentants des organisations étudiantes (UNEF et Confédération étudiante) et lycéennes (UNL et FIDL) se sont rendus vers 11h30 aux abords de l'hôtel Matignon pour remettre une lettre à Dominique de Villepin expliquant leur refus de son invitation à le rencontrer au sujet du contrat première embauche.

"Nous ne pouvons accepter d'entamer une discussion à laquelle vous posez comme préalable le maintien du CPE", explique ce courrier remis à un membre du cabinet du Premier ministre aux abords de Matignon, sous la surveillance de nombreux CRS. "Vous verrouillez ainsi le débat en restant inflexible sur un contrat très largement contesté", alors que la situation est "d'une extrême gravité".

"Le dénouement de la crise actuelle passe par l'écoute de la part du gouvernement des organisations syndicales engagées contre le CPE depuis deux mois. En ce sens, il est temps de lever, sans équivoque, l'hypothèque du CPE pour qu'enfin nous abordions sans a priori les solutions d'avenir pour les jeunes. (...) Nous vous redemandons solennellement de répondre à la mobilisation sociale en retirant le CPE", poursuit ce courrier lu à la presse par Bruno Julliard, président de l'UNEF, qui appelle à une journée d'action inter-professionnelle le 28 mars pour le retrait du CPE".

"Le seul moyen de trouver une issue à la crise actuelle, c'est de pouvoir ouvrir une discussion sans aucun a priori. Or, aujourd'hui, le gouvernement nous reçoit en nous expliquant que nous allons discuter des aménagements du CPE. C'est lui-même qui refuse qu'on ouvre le dialogue.", a accusé Bruno Julliard.

"Le Premier ministre nous dit: «Venez discuter mais le préalable à la discussion c'est que je maintiens le CPE». C'est une blague de proposer un dialogue de cette manière", s'est indignée Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante.

Seules l'UNI et la FAGE (syndicats d'étudiants de droite et d'extrême droite) ont accepté de rencontrer Dominique de Villepin.

Villepin "regrette" le refus des jeunes anti-CPE de le rencontrer

25.03.2006


(AP) Dominique de Villepin a "regretté" le refus des organisations étudiantes de venir le rencontrer à Matignon.

"J'ai rencontré ce matin un certain nombre d'organisations étudiantes. Je regrette que certaines d'entre elles, ainsi que les organisations lycéennes, aient refusé cette invitation au dialogue. Je crois que plus que jamais nous avons besoin de nous parler pour trouver ensemble une solution au blocage actuel.
(...) Je mesure les incompréhensions auxquelles nous devons faire face ", a-t-il déclaré lors d'une brève allocution.

Ségolène Royal offensive contre le gouvernement et le CPE

25.03.2006


(AFP) Très offensive contre le gouvernement, notamment sur le CPE, Ségolène Royal, candidate socialiste préférée des Français à la présidentielle, a accusé le gouvernement de "jouer la carte de l'affrontement pour mieux faire oublier son arrogance et son incompétence. On assiste au spectacle déplorable d'un gouvernement qui consulte après avoir décidé".

Mme Royal a déclaré comprendre l'attitude des étudiants et des lycéens qui ont refusé de rencontrer Dominique de Villepin. "On ne peut pas faire venir les jeunes pour dire qu'il n'y a rien à discuter", a-t-elle dit appelant une nouvelle fois au retrait du CPE ou à sa "suspension si le gouvernement ne veut pas totalement perdre la face".

Devant les militants socialistes, la députée PS a étendu ses critiques à la sécurité dont la droite et le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy "prétendent avoir le monopole". "On voit aujourd'hui le pays en désordre", a-t-elle lancé. Même ton sur "l'efficacité économique" qui "n'est pas le monopole de la droite quand on voit la situation du pays aujourd'hui".

La crise française vue de l'étranger

24.03.2006


(AP) Vue de l'étranger, la crise française autour du CPE apparaît selon certains médias comme un réveil salutaire de l'opinion publique, notamment de la jeunesse, et un exemple à suivre. Pour d'autres, il s'agit d'un combat d'arrière-garde de la part d'un pays accroché à un modèle obsolète.

Pour le Los Angeles Times, "C'est le printemps et les Français reprennent les émeutes" ironise le Los Angeles Times qui estime que "Dominique de Villepin, qui paie un lourd prix politique pour du bon sens, devrait tenir bon. La loi sur le travail des jeunes ne va pas assez loin mais c'est un début".

Il y est "presque impossible pour les employeurs de licencier quelqu'un", écrit quant à lui le New York Times, tandis que le Chicago Tribune dénonce un "système calcifié" dans lequel le CPE "tente d'introduire un peu de flexibilité".

Le quotidien libéral allemand "Frankfurter Allgemeine Zeitung" stigmatise aussi la "tendance à protéger les acquis, plus répandue en France que dans les autres pays européens".

En Chine, l'un des pays qui profite le plus de la mondialisation et du dumping social, le Quotidien du Sud juge "de plus en plus inutile d'opposer au défi de la mondialisation l'esprit révolutionnaire et l'action «à la française»". Car "avec la mondialisation, un pays fortement protectionniste ne peut pas connaître la prospérité sur le long terme".

Mais certains se félicitent de cette mobilisation, comme le journal Suédois "Aftonbladet" (social-démocrate). Il souligne que le Parlement de Stockholm débat d'une proposition semblable au CPE, et s'insurge contre ce projet qui fait de "la sécurité de l'emploi, cette plate-forme pour le bien-être dans la vie, un objet rare, voire un luxe".

La réaction la plus enthousiaste vient de Grèce avec Eleftherotypia, pour qui "les étudiants français envoient un message qui traverse les frontières et s'adresse à nos dirigeants (grecs) qui prévoient de mettre en oeuvre une politique de rigueur néolibérale". "Grâce au message des Français, les jeunes Grecs se sentent prêts à lutter à leur tour contre les manigances des politiques sur le plan social", conclut-il.

Le gouvernement choisit la répression

26.03.2006


(AFP) Cinq jeunes sans antécédents judiciaires ont été condamnés à des peines allant jusqu'à 1 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris. Ils étaient accusés de violences envers des policiers, sans toutefois les avoir blessé, lors de la manifestation du 23 mars entre la place d'Italie et les Invalides.

Ces condamnations ont été pronnoncées dans le cadre de la procédure expéditive dite de "comparution immédiate".

Les opposants au CPE appellent à manifester à nouveau le mardi 28 mars, espérant "un tournant"

26.03.2006




conférence de presse de la Coordination nationale étudiante le 26 avril 2006
(AFP) Syndicats de salariés, étudiants et lycéens redescendront dans la rue le 28 mars, accentuant leur pression pour faire de cette journée nationale de grèves et de manifestations "un tournant" en faveur du retrait du CPE, alors que Dominique de Villepin propose des aménagements.

135 manifestations sont prévues. A Paris, le cortège partira à 14H30 de la Place d'Italie en direction de République.

Toujours unie après deux mois de conflit, l'intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, FSU, Solidaires, Unsa, Unef, Cé, UNL, FIDL) a fait du retrait du CPE un "préalable" à la négociation.

Signe d'une radicalisation du mouvement, la Coordination nationale étudiante a demandé la démission du gouvernement, appelé à un blocage des grands axes routiers et ferrés le 30 mars, puis, si rien n'a bougé d'ici là, à "une grève générale le 4 avril avec les salariés".

"Nous n'avons pas encore atteint le pic de la contestation. Ce mardi peut être un tournant", déclare Bernard Thibault (CGT), estimant que le Premier ministre n'avait pas fait "d'ouverture particulière" dans ses déclarations récentes.

Force Ouvrière a également prévenu qu'elle "proposerait la poursuite de la grève" si le Premier ministre, "au soir du 28 mars, ne retirait pas le CPE".

66% des Français sont favorables au retrait de ce contrat destiné aux moins de 26 ans, résiliable pendant deux ans sans justification, selon un sondage CSA.

La révolte prend encore de l'ampleur, avec 3 millions de manifestants dans toute la France

28.03.2006








images de la manifestation à Paris



manifestation à Lyon
(AP) Le "non" au CPE n'avait jamais autant rassemblé dans les rues de France. Trois millions de personnes, selon les syndicats, ont défilé à Paris et dans 150 autres villes pour réclamer le retrait du contrat première embauche.

Pour les syndicats qui espéraient davantage de manifestants que le 18 mars (qui avaient réuni un million et demi de personnes), le pari est totalement réussi.

A travers tout la France, un même "non" au CPE a grondé. A Paris, malgré une météo maussade, 750.000 personnes ont défilé entre la place d'Italie et celle de la République (contre 350.000 le 18 mars).

En province, la mobilisation a aussi été très forte. Le cortège le plus important semble s'être déroulé à Marseille, où 200.000 personnes sont descendues dans la rue. Les opposants au CPE ont également mobilisé 100.000 personnes à Bordeaux, 80.000 à Toulouse, 50.000 à Montpellier, 50.000 à Rennes, 25.000 à Tours, 22.000 à Poitiers, 15.000 à La Rochelle, 20.000 à Angoulême, 11.000 à Bayonne, 40.000 à Pau, 10.000 à Mont-de-Marsan, 60.000 à Grenoble, 35.000 à Lyon, 30.000 à Clermont-Ferrand, 50.000 à Lille, 25.000 à Caen, 13.000 à Nancy, 10.000 à Metz, 15.000 à Strasbourg, 7000 à Besançon, 6000 à Périgueux, 4500 à Auxerre...

"Retrait, retrait, retrait du CPE!" ou encore "Chirac, Villepin et Sarkozy, votre période d'essai elle est finie", scandaient les manifestants à Paris, où les jeunes s'étaient mobilisés en nombre dans une ambiance festive et bon enfant, sous la surveillance d'un important service d'ordre syndical et de milliers de policiers.

Fait nouveau, les slogans anti-Villepin étaient omniprésents dans les défilés, certains réclamant même sa démission. "CPE: Compte Pas sur l'Elysée", pouvait-on lire sur une banderole à Nancy.

Mais face à cette déferlante de manifestants, Dominique de Villepin n'a pas bougé, se déclarant seulement prêt à des "aménagements" du CPE. "La République, ce n'est pas les préalables, ce n'est pas l'ultimatum", a-t-il lancé lors d'une séance houleuse de questions à l'Assemblée nationale. On aurait envie de lui répondre que la Rébublique, ce n'est pas non plus l'autocratie, et que le pouvoir politique est censé "représenter" les aspirations des citoyens.

Un "vrai républicain, en voyant autant de monde mobilisé, devrait se rendre à l'évidence", a estimé Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, dans une allusion au Premier ministre.

A Bordeaux, Jules Boyadjian, porte-parole du comité de mobilisation des étudiants, considérait pour sa part qu'il ne restait "plus que deux solutions à Dominique de Villepin: se soumettre ou se démettre".

L'intersyndicale à l'origine de la mobilisation contre le CPE doit se réunir le 29 mars pour décider des suites à donner au mouvement.

Très importantes manifestations en province

28.03.2006




manifestation à Strasbourg



manifestation à Clermont-Ferrand



manifestation à Rodez



manifestation à Poitiers



manifestation à Bordeaux



manifestation à Avignon



manifestation à Montpellier
(AP) Nantes - Une manifestation unitaire de salariés, étudiants et lycéens a rassemblé à Nantes plus de 50.000 personnes. Une banderole unitaire des syndicats ouvrait le défilé suivie des lycéens et étudiants. Le cortège a quasiment fait une boucle autour du centre-ville, les premiers manifestants qui ouvraient la manifestation rejoignant les derniers qui venaient à peine de prendre le départ. "Non, non, non à la précarité! Non au CPE!" ou encore "Villepin démission", ont scandé les manifestants qui réclament toujours le retrait du CPE.

Des lycéens avaient coiffé des haut-de-forme symbolisant pour eux le XIXe siècle et un retour en arrière du code du travail. D'autres portaient des pancartes indiquant "CPE: contrat pour patron engraissé". Certains collèges se sont également joints au mouvement. Les salariés des différentes entreprises en grève comme Airbus, La Poste ou encore la Caisse primaire d'assurance-maladie fermaient le cortège.

Toulouse - 80.000 personnes ont défilé mardi après-midi dans les rues de Toulouse. Bien que le cortège défilait dans une ambiance plutôt bon enfant et familiale, quelques heurts en tête de cortège ont eu lieu dans l'après-midi entre le service d'ordre de la manifestation et quelques anarchistes. Comme lors des autres manifestations, le début de cortège était dominé par la présence des lycéens très motivés. Venaient ensuite les organisations syndicales traditionnelles (CGT, FO, CFDT, CGC, UNSA, Sud, FSU) et leurs nombreuses délégations, aussi bien dans le privé que dans le public, cette fois dans une foule dense et plus mélangée que les fois précédentes.

"La droite nuit gravement à la santé de la société", "CPE: Cherche Pigeon à Embaucher", "La jeunesse contre la précarité", "Touche pas à mon code du travail, ni CPE, ni CNE" ou "Du balai le CPE", pouvait-on lire sur des banderoles.

"Villepin, t'es viré, ton essai est terminé","Résistance", "Etudiants, lycéens, salariés, même combat", entendait-on parmi les slogans des manifestants.

Le défilé comptait également dans ses rangs le groupe toulousain des Fabulous Trobadors qui chantait sur un camion, de nombreux intermittents du spectacle, les étudiants en STAPS, la FCPE Haute-Garonne, et un front unitaire des partis de gauche (notamment avec le PS, les Verts, la LCR), présent comme lors de la manifestation du 18 mars.

Bordeaux et Aquitaine - La manifestation a rassemblé 100.000 manifestants. Le cortège a défilé pendant plus de trois heures, de 11h30 à 14h30, entre les allées de Tourny et la place de la Victoire. Une heure après le début de la manifestation, la fin du cortège n'avait pas encore démarré. "On n'a pas vu ça depuis très longtemps à Bordeaux", a affirmé Alain Delmas, le secrétaire de l'union régionale CGT d'Aquitaine.

A Pau, on comptait 40.000 manifestants dont 10.000 étudiants et lycéens. A Bayonne, la CGT a comptabilisé 11.000 manifestants, et 10.000 à Mont-de-Marsan. D'autres manifestations ont également eu lieu à Bergerac avec 3000 manifestants, selon la CGT, et à Périgueux avec 6.000 personnes.

Poitou-Charentes - Les manifestations contre le contrat première embauche ont atteint une ampleur rarement observée en Poitou-Charentes. On dénombrait ainsi 22.000 manifestants à Poitiers, 20.000 à Angoulême, 10.000 à Niort, et 15.000 à La Rochelle. D'autres manifestations de moindre importance ont également eu lieu dans de plus petites villes, dont Saintes et Rochefort (respectivement 6000 et 2000 manifestants), ou encore Cognac (2000 manifestants).

Lille - 50.000 manifestants ont défilé à Lille pour protester contre le contrat première embauche. Ouvert par les représentants des organisations syndicales de salariés, d'étudiants et de lycéens, le défilé, très encadré par les syndicats et très festif, avançait aux cris de "Résistance" et "Retrait du CPE". De nombreuses banderoles et pancartes coloraient la manifestation. Parti de l'Hôtel de Ville, le cortège, impressionnant, est l'une des grandes manifestations organisées ces dernières années à Lille.

Rouen - Environ 30.000 personnes ont défilé dans les rues de la ville. Les manifestants, en grande majorité des jeunes, s'étaient donné rendez-vous devant la cité administrative ont ensuite traversé la Seine pour gagner le centre-ville dans le calme et se disperser. L'ancien Premier ministre et député PS de Seine-Maritime Laurent Fabius était dans le cortège. Mais des affrontements ont cependant éclaté entre jeunes et forces de l'ordre après la dispersion en milieu d'après-midi. Plusieurs vitrines de magasins ont été brisées, une voiture a été brûlée. Les CRS ont dispersé les jeunes avec des gaz lacrymogènes, et une trentaine de personnes ont été interpellées.

Le Havre - Les syndicats ont compté plus de 20.000 personnes. Le cortège d'étudiants, de lycéens et de salariés du service public étaient accompagnés de dockers du port du Havre.

Tours - Dix mille personnes selon la police, 15.000 selon les organisateurs, ont défilé mardi sous la pluie et dans le calme dans les rues de Tours pour réclamer le retrait du contrat première embauche. Le cortège était formé pour un peu moins de la moitié d'étudiants et de lycéens, et pour le reste de salariés. Parmi les manifestants, on notait la présence des syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, l'UNSA ou encore Sud, mais aussi quelques élus locaux du Parti socialiste, du Parti communiste et de la Ligue communiste révolutionnaire. Sur les banderoles, on pouvait lire "Retrait du CPE" mais aussi des slogans hostiles à la fusion de Gaz de France avec Suez, scandés par des salariés gaziers de la CGT. A Tours, l'université François-Rabelais est bloquée depuis le 28 février et l'IUT depuis le 2 mars.

Alsace, Lorraine, Champagne-Ardennes - Les manifestants contre le contrat première embauche semblaient plus nombreux dans les grandes villes de l'Est de la France que lors des derniers défilés anti-CPE, a-t-on indiqué de sources policières. A Strasbourg, ils étaient environ 15.000, majoritairement des jeunes et quelques salariés, à avoir défilé sous une fine pluie. Aucun incident n'a été signalé. Les cortèges comptaient par ailleurs 13.000 personnes à Nancy malgré une pluie glaciale, 7000 à Besançon, 10.000 à Metz, 8000 à Reims. Aucun incident n'a été signalé.

Sarkozy ordonne "d'interpeller le plus possible de casseurs"

28.03.2006


(AP) Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a donné pour consigne aux forces de l'ordre "d'interpeller le plus possible de casseurs", à l'occasion de la journée nationales de grèves et de manifestations contre le CPE.

M. Sarkozy s'est également rendu dans un Hôtel de police près de la Bastille pour encourager des unités de la brigade anti-criminalité, de la gendarmerie mobile et des CRS avant le début des manifestations.

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur a évoqué l'utilisation de nouvelles armes pour identifier les casseurs, notamment à peinture indélébile. L'utilisation de la vidéo est aussi désormais utilisée systématiquement.

De Villepin, inflexible face au raz-de-marée anti-CPE

28.03.2006


(AFP) Le gouvernement Villepin est prêt à discuter de la période d'essai de deux ans prévue dans le contrat première embauche mais refuse d'introduire une "justification au licenciement", ce qui reviendrait selon lui à "dénaturer" le CPE.

Le Premier ministre Dominique de Villepin souhaite "mettre un terme le plus rapidement possible à cette crise", il refuse "la logique du préalable, à savoir le retrait du CPE".

Pas question non plus pour lui de rendre obligatoire la motivation de la rupture du contrat, le gouvernement préférant la piste d'une "explication" donnée par l'employeur en cas de licenciement. S'agissant de la période d'essai de 2 ans actuellement prévue, le gouvernement accepterait de discuter son raccourcissement.

Le Premier ministre a envoyé une lettre aux confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) pour les inviter à discuter à Matignon des "aménagements" au CPE, mais les syndicats ont tous décliné l'invitation, en estimant qu'évoquer des "aménagements" au CPE relevait de "la provocation".

Avis de tempête pour De Villepin

28.03.2006


(AFP) Malgré la déferlante anti-CPE, Dominique de Villepin est apparu inébranlable dans sa volonté de mener à son terme la bataille du contrat première embauche.

Dans une séance houleuse à l'Assemblée nationale, le Premier ministre n'a accepté de répondre qu'à la question d'un député UMP pour redire son refus de tout "ultimatum" et regretter la fin de non-recevoir des syndicats de venir discuter avec lui à Matignon. "Ils ont refusé la main tendue", a-t-il martelé, sous les huées de l'opposition. "Je leur renouvelle ici devant vous tous cette proposition" de dialogue qui, a-t-il averti, ne pourra porter que sur un simple aménagement du CPE.

Mais comment peut-il apaiser la colère syndicale en se disant à la fois prêt à dialoguer sans "a priori", tout en étant opposé à modifier le point le plus contesté du dispositif, à savoir la non-justification du licenciement, considérée par les anti-CPE comme la porte ouverte à tous les abus?

Accusé depuis plusieurs semaines de miser sur le pourrissement du conflit, M. de Villepin semble désormais vouloir jouer la montre jusqu'au verdict du Conseil constitutionnel le 30 mars. En cas de feu vert du Conseil, les villepinistes tablent sur une promulgation dans la foulée.

Une stratégie de plus en plus clairement contestée par des députés UMP qui redoutent que le conflit ne laisse des traces durables, à un peu plus d'un an de la présidentielle et des législatives. Quelle que soit l'issue de la crise, "la droite va y laisser des plumes" et ce sera "très compliqué pour elle de faire oublier le CPE", selon Dominique Reynié, professeur à Sciences-Po.

Dans ces conditions, les regards se tournaient vers le Conseil constitutionnel et vers Jacques Chirac, seuls à même de trouver une porte de sortie.

Incidents à la fin de la manifestation anti-CPE à Paris

28.03.2006













(AFP/AP) Des affrontements violents ont opposé un groupe d'une centaine de casseurs aux forces de l'ordre, place de la République à Paris, à la fin de la manifestation contre le CPE. Des incidents très violents se poursuivaient peu après 20h, avec de véritables scènes d'émeute opposant plusieurs milliers de jeunes et les forces de l'ordre.

Les incidents avec les CRS ont éclaté vers 17h30 à l'angle de la rue du Faubourg du Temple et de la place de la République. Quelques centaines de jeunes ont jeté des bouteilles, des cailloux, des pétards, des morceaux de bois et des plots de signalisation de travaux sur les forces de l'ordre, qui ont effectué une brève charge, sans succès. Les groupes de jeunes ont d'abord reculé en courant, pour revenir ensuite vers les forces de l'ordre.

Peu après 18h, des incidents similaires se sont produits au niveau de tous les barrages des forces de l'ordre stationnés autour de la place avec, comme projectiles supplémentaires, des ballons de baudruche remplis de peinture et quelques cocktails Molotov.

Alors que les incidents se poursuivaient, le nombre de jeunes, visiblement décidés à en découdre, augmentait. Vers 20h, plusieurs milliers de jeunes affrontaient les forces de l'ordre, tandis que d'autres regardaient, lançant de temps en temps une bouteille ramassée par terre.

Les CRS ont chargé à plusieurs reprises sur toute la place, provoquant de gros mouvements de foule parmi les fauteurs de trouble, mais également parmi les manifestants qui continuaient à arriver et à se disperser peu à peu.

Des groupes de policiers en civil, certains masqués, ont procédé à des interpellations particulièrement musclées au coeur de la foule. Les CRS ont également interpellé plusieurs personnes lors de leurs charges.

Pris sous un jet continu de bouteilles, de cailloux, de morceaux de mobilier urbain et de morceaux de bois, les forces de l'ordre ont commencé à vider la place de la république vers 20h15 en utilisant deux canons à eau et en tirant de nombreuses grenades détonantes et lacrymogènes.

D'après le ministre de la police Nicolas Sarkozy, "plusieurs centaines de délinquants" ont été interpellés. Au total, la police annonce avoir interpelé 787 personnes, dont les deux tiers à Paris. Il y a eu 46 blessés légers parmi les manifestants.

Par ailleurs, des groupes de jeunes venus de banlieue ont agressé plusieurs lycéens sur le terre-plein central de la place de la République, pour leur voler téléphones portables, sacs à dos et argent, tombant à plusieurs sur un manifestant avant de le rouer de coups de pied à terre.

Une cinquantaine d'étudiants
envahissent l'AFP

28.03


(AFP) Une cinquantaine d'étudiants, pour l'essentiel de l'université de Paris X-Nanterre, ont envahi en fin d'après-midi les bureaux de l'Agence France-Presse pour protester contre la "désinformation".

"Et 1 et 2 et 3 mois ferme! On est tous casseurs de ce système!", ont-ils scandé en pénétrant dans l'une des salles de rédaction.

"Il faut cesser d'utiliser ce concept flou de casseurs, ce n'est pas de la violence gratuite, c'est l'expression d'une pensée politique, comme en banlieue en novembre", a expliqué à l'AFP Halima, une manifestante qui a refusé de détailler son identité. Selon elle, "on veut tous casser le système que ce soit par de la violence physique ou symbolique".

Les étudiants, qui ont accroché une banderole sur la façade de l'AFP sur laquelle était écrit "nous sommes tous des casseurs", ont évacué le bâtiment dans le calme après environ une demi-heure.

Des grèves contre les "réformes" libérales
touchent aussi la Grande-Bretagne et l'Allemagne 

28.03.2006


(AFP) A l'instar de la France, des mouvements sociaux touchent la Grande-Bretagne, où plus d'un million de fonctionnaires des administrations locales britanniques étaient grève pour défendre leurs retraites, et en Allemagne, avec des arrêts de travail dans l'industrie automobile et la fonction publique.

Les fonctionnaires des administrations locales britanniques protestent contre une réforme menace de les faire travailler jusqu'à 67 ans contre 60 ans pour obtenir une retraite décente.

Ce mouvement de 24 heures, le plus important du pays depuis la grève générale de 1926 selon les syndicats, était très suivi d'après les premières estimations, qui chiffraient jusqu'à 1,5 million le nombre de grévistes. Les syndicats espèrent que cette journée d'action ne sera que la première d'une série de mouvements destinés à faire échec au projet du gouvernement.

Le secteur de l'éducation était le plus touché, quelque 2000 écoles n'ayant pas ouvert leurs portes, avec 70% de grèvistes à Londres où une manifestation s'est déroulée à Westminster. Les services administratifs et sociaux, bibliothèques, musées, centres sportifs et de loisirs, services de police et pompiers, ramassage des ordures et transports en commun étaient également perturbés.

Le ministre britannique des Finances Gordon Brown a croisé des grévistes à l'entrée d'un bâtiment public de la City mais ne leur a pas dit un mot, contrairement à l'ancien président américain Bill Clinton qui l'accompagnait pour une conférence.

L'appel à la grève, lancé par 11 organisations, a reçu une "réponse fantastique", a souligné le syndicat de la construction UCATT, alors que le syndicat Unison, le premier de la fonction publique locale, a prévenu qu'il y aurait d'autres grèves si celle-ci ne débouchait pas sur des négociations.

L'Allemagne, quant à elle, connait une agitation sociale importante qui va des agents de la fonction publique aux médecins en passant par l'industriee. C'est tout le secteur industriel allemand, de la construction mécanique aux technologies de pointe et à l'acier, qui a connu des mouvements sporadiques d'arrêt du travail.

L'objectif de ces débrayages est deaire pression sur le patronat alors que les négociations autour des revalorisations salariales s'enlisent. Le syndicat de la métallurgie IG Metall réclame 5% d'augmentation de salaires pour les 3,4 millions de salariés du secteur. Le patronat n'a pas fait de proposition officielle mais estime que la hausse ne doit pas dépasser les gains de productivité, évalués entre 1,2% et 1,4%.

Enfin, depuis huit semaines, les services publics du Bade-Wurtemberg (sud-ouest de l'Allemagne) connaissent la grève la plus dure depuis 14 ans dans le secteur public pour protester contre l'allongement de la durée du temps de travail.

Les travailleurs pauvres: une précarité qui effraie les Français

25.03.2006


(AFP/syti.net) Le phénomène des "travailleurs pauvres", qui touche de nombreux jeunes, tend à s'amplifier en France et renforce la peur de la précarité qui mobilise dans la rue des centaines de milliers de salariés, lycéens et étudiants contre le contrat première embauche (CPE).

"Il y a un grand vertige des Français", estime M. Hirsh. "Avant, il y avait la peur du chômage et on pensait s'en sortir avec un emploi. Aujourd'hui, un emploi ne permet pas à coup sûr de sortir de la galère".

"C'est une inquiétude de fond", renchérit Nicole Maestracci, présidente de la fédération nationale des associations de réinsertion sociale. Une peur illustrée, selon elle, en novembre par les émeutes dans les banlieues défavorisées et aujourd'hui par la fronde contre le CPE, rebaptisé par ses opposants "Contrat Précarité Exclusion".

Car qui dit travail précaire, dit pas de logement stable, pas de compte bancaire (4 à 5 millions de personnes, selon les associations), un accès aux soins limité et, au bout du compte, "un nombre croissant" de salariés piégés dans un "cercle vicieux" générateur de pauvreté, conclut une récente étude publiée par l'IRES.

Apparue dans les années 70, la notion de "travailleurs pauvres" ("working poor") vient des Etats-Unis et désigne une personne qui travaille mais dont le salaire ne permet pas, malgré tout, à sa famille de s'extraire de la pauvreté.

En France, comme dans plusieurs pays de l'Union européenne, cette catégorie de travailleurs a pris de l'ampleur à partir de la fin des années 1990, touchant principalement les familles monoparentales et les jeunes. Et elle tend à augmenter, relève le rapport 2005-2006 de l'Observatoire français de la pauvreté.

La France compte un million de "travailleurs pauvres" si on se réfère au seuil de pauvreté fixé à 50% du salaire médian (soit 645 euros par mois pour une personne seule). Ce nombre grimpe à 2 millions si l'on applique les critères de l'Union Européenne qui fixent le sueil de pauvreté à 60% du salaire médian (774 euros par mois).

En comptant les non-salariés, le nombre de pauvres en France se situe entre 3,7 et 7 millions de personnes (7% de la population), selon que l'on retient la définition française ou européenne de la pauvreté. Cette proportion reste néanmoins inférieure à celle des pays qui appliquent encore davantage le "libéralisme", notamment en Grande-Bretagne (11% de pauvres) et aux Etats-Unis (17%), selon les statistiques de l'OCDE.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne affichent un tauc de chômage de 5% contre 9,6% en France, mais l'envers du décor est le nombre élevé de "travailleurs pauvres", esclaves modernes pour le plus grand profit des entreprises.

Sur les routes ou les rails, les jeunes occupent le terrain

30.03.2006




blocage de la gare de Marseille



barrage sur l'autoroute à Caen
(AFP) Etudiants et lycéens en lutte contre le CPE ont occupé le terrain jeudi, dans l'attente de la décision du Conseil constitutionnel, en multipliant les blocages de lycées, mais aussi de routes et voies ferrées, qui se sont soldés par des dizaines d'interpellations.

Nantes, Rennes, Grenoble, Limoges, Paris, Lille: presque toutes les grandes villes ont connu des difficultés de circulation allant du blocage de rond-point aux embouteillages de plusieurs kilomètres, lors de cette nouvelle journée d'actions à l'appel de la coordination nationale étudiante et lycéenne.

De même, des étudiants et lycéens ont envahi les rails dans plusieurs gares, comme Roanne, Rennes, Limoges, Brest mais aussi la gare de Lyon à Paris, où plus d'un millier de jeunes étaient sur les voies, où ils ont érigé une barrière faite de planches de bois.

A Paris encore, les mesures de sécurité ont été renforcées au Palais Royal autour du Conseil constitutionnel.

"Si le président passe en force, il y aura une réaction à la hauteur", a prévenu Gérard Aschieri (FSU), tandis que Jean-Claude Mailly (FO) mettait en garde Jacques Chirac contre "une logique d'aventure".

La tension était d'ailleurs perceptible puisque les opérations menées par les jeunes anti-CPE se sont en plusieurs endroits soldées par des dizaines d'interpellations.

A l'issue d'un rassemblement dans le calme à Marseille, une dizaine de manifestants, dont le leader lycéen du département, ont été interpellés par la brigade anti-criminalité. A un jeune homme qui lui demandait pourquoi il était emmené avec des menottes, un policier a répondu: "pour l'exemple".

A Paris, une cinquantaine de lycéens, parmi lesquels Karl Stoeckel, président du syndicat lycéen UNL, ont été arrêtés, après avoir provoqué de sérieux embouteillages sur le périphérique. "On était très calmes, très sereins, on n'a pas fait de provocation", a expliqué le jeune homme, jugeant que le gouvernement regardait les lycéens comme "des délinquants parce qu'ils sont mobilisés contre le CPE".

Du côté des universités, une soixantaine restaient perturbées. Le ministre de l'Education a frappé du poing sur la table au Sénat, en enjoignant les présidents d'université à "assumer leurs responsabilités" car "les cours doivent reprendre". Très critiquée par les syndicats qui y ont vu un appel à recourir aux forces de l'ordre, cette consigne a peu été suivie d'effets. Selon les informations recueillies par les bureaux de l'AFP, pratiquement aucun chef d'établissement n'a appelé la police. En revanche, des négociations avec les élèves bloqueurs ont été fructueuses, par exemple dans une dizaine de lycées parisiens qui ont rouvert leurs portes dans la journée.

Sit-in anti-CPE à la Bastille

30.03.2006


(AFP) Une centaine de lycéens anti-CPE ont organisé un sit-in et quelques tentatives de blocages de la circulation place de la Bastille à Paris. Ils anticipaient un appel général lancé par la FIDL, l'UNL et l'UNEF de se rassembler à 19h30, sur les grandes places des principales villes de France pour écouter l'intervention de Jacques Chirac, prévue à 20h00.

350 jeunes lyonnais réunis place Bellecour
pour l'allocution de Jacques Chirac

30.03.2006


(AP) Quelque 350 étudiants, lycéens et militants de gauche, se sont rassemblés vendredi soir dans ambiance festive à Lyon, place Bellecour, pour écouter à la radio l'allocution de Jacques Chirac sur le contrat première embauche.

A l'annonce de la promulgation de la loi sur l'égalité des chances, les jeunes, assis en cercle main dans la main, se sont levés et ont immédiatement scandé des slogans comme "Chirac, Villepin, votre période d'essai est terminée" et des appels à la "Résistance".

Un lycéen a appelé à travers un haut-parleur à la grève générale mardi 4 avril en lançant: "Maintenant il faut complètement paralyser le système français".

"C'est une déception majeure. Chirac est sourd, aveugle. Le mouvement va aller crescendo. Aujourd'hui, c'est toute une démocratie qui est à défendre", a déclaré Romain Espinosa, porte-parole de l'UNL-Rhône.

Une manifestation doit être improvisée à partir de 21h place des Terreaux pour "cracher toute notre haine et faire ressortir ce qu'on a sur le coeur", a indiqué Charlotte Allegret, vice-président de la FIDL.

Chirac promulgue la loi, rejet des syndicats et colère de la rue

31.03.2006


(AFP) Jacques Chirac a annoncé à la télévision la promulgation de la loi instaurant le très controversé CPE, une décision rejetée par les syndicats et une majorité de lycéens, étudiants et salariés.

Dans une déclaration solennelle aux Français, le chef de l'Etat a annoncé qu'il avait décidé de promulguer cette loi, le Conseil constitutionnel l'ayant jugée "en tous points conforme aux principes et aux valeurs de la République", et parce que "le contrat première embauche peut être un instrument efficace pour l'emploi".

Mais Jacques Chirac a simultanément demandé "au gouvernement de préparer immédiatement deux modifications de la loi", assurant avoir "entendu les inquiétudes qui s'expriment chez de nombreux jeunes et chez leurs parents".

"La période de deux ans sera réduite à un an. En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi", a-t-il énoncé, tout en apportant son soutien au Premier ministre Dominique de Villepin. "Dominique de Villepin a voulu offrir à tous ces jeunes des opportunités nouvelles pour l'emploi", a-t-il assuré.

L'intervention présidentielle, suivie par des milliers d'opposants qui s'étaient rassemblées sur les places des grandes villes (Strasbourg, Lille, Nantes, Grenoble, Nancy, Bordeaux ou Rennes), a été sifflée et suivie de manifestations sauvages dont les slogans, comme "Chirac en prison, Villepin démission", ou "Chirac, on t'emmerde, c'est la rue qui gouverne", visaient avant tout le chef de l'Etat et son Premier ministre.

A Paris, des milliers de manifestants ont défilé entre Bastille, Opéra, Concorde et l'Assemblée nationale avant de se diriger vers la Sorbonne dans le quartier latin. Les actions se sont déroulées dans l'ensemble dans le calme. Une poignée de manifestants a cependant cassé une vitrine, une guérite en verre devant le Sénat et lançaient des projectiles sur les forces de l'ordre vers minuit devant les grilles qui interdisent l'entrée de la Sorbonne.

A Nantes, environ 400 jeunes ont défilé dans les rues dénonçant "une provocation". Une minorité a jeté des canettes et brisé des vitrines. A Poitiers, environ 150 étudiants ont envahi le rectorat après avoir lancé des poubelles contre la façade de la permanence UMP, et envahi le conseil municipal (PS) de la ville. Au Mans, environ 500 jeunes se sont rassemblés devant la préfecture, où ils ont entassé des barrières métalliques et des pavés face aux CRS. Très énervés, les manifestants criaient "qui sème la misère récolte la colère".

Des milliers d'anti-CPE conspuent Chirac à travers la France

01.04.2006


(AFP) "Chirac en prison": c'est l'un des slogans entendus place de la Bastille vendredi soir à Paris, après l'intervention télévisée de Jacques Chirac sur le CPE. Des milliers de militants ont participé jusqu'aux matin à des manifestations sauvages à Paris et en province contre la promulgation annoncée par le chef de l'Etat de la loi sur ce contrat controversé.

A Paris, plusieurs milliers de personnes ont effectué un long périple d'une vingtaine de kilomètres, passant de Bastille où elles avaient sifflé l'allocution du président de la République, à la place de l'Opéra, la Concorde, l'Assemblée nationale, le Quartier latin, avant de retraverser la Seine vers le boulevard Magenta et la butte Montmartre.

Sur les boulevards St Germain et Raspail, une minorité de manifestants a lancé des bouteilles de verre sur les forces de l'ordre, très peu nombreuses, hormis au niveau de la place de la Concorde et devant l'Opéra et l'Assemblée.

Une vitrine a été cassée, des poubelles renversées et des manifestants ont tenté en vain de forcer une porte du Sénat, brisant une guérite en verre vers 23H45. Vers 00H30 samedi, les manifestants sont arrivés devant la Sorbonne où quelques dizaines d'entre eux ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre et ont donné des coups de pieds dans les immenses grilles qui interdisent l'accès de la faculté.

Une heure plus tard, quelques dizaines d'individus encagoulés ont brisé les vitrines de plusieurs agences d'intérim et bars, de deux banques et d'un MacDonald, boulevard Magenta, à Paris, immédiatement conspués par la majorité des manifestants pacifiques qui criaient à leur intention "casseur, rentre chez toi" ou encore "résistance pacifique".

Vers 03H00, la manifestation semblait prendre fin, seule une poignée de participants dansant encore sur des rythmes de percussion au pied de la butte Montmartre ou brulant quelques chaises vers le boulevard de Rochechouard.

La préfecture de police n'a signalé aucune interpellation et aucun trouble grave.

A Strasbourg, ils étaient 300 manifestants, à Nancy, une centaine de lycéens, à Grenoble 250, à Lyon 350, à Bordeaux environ 500, à Lille une centaine, à Rennes seulement 150.

A Nantes, des affrontements se déroulaient dans la nuit de vendredi à samedi dans le centre-ville où environ 300 manifestants anti-CPE s'opposaient aux forces de l'ordre qui bloquaient l'accès du siège de l'UMP. Les manifestants ont lancé des canettes sur les forces de l'ordre qui ont riposté à coup de grenades lacrimogènes. Vers 01H00, huit interpellations avaient été recensées par le préfet de Loire-Atlantique.

A Poitiers, environ 150 étudiants ont envahi le rectorat. Ils avaient auparavant lancé des poubelles contre la façade de la permanence UMP, et envahi le conseil municipal (PS) de la ville. Au Mans, environ 500 jeunes se sont rassemblés devant la préfecture, où ils ont entassé des barrières métalliques et des pavés face aux CRS. Très énervés, les manifestants criaient "qui sème la misère récolte la colère".

Les syndicats pas convaincus par l'allocution de Chirac 

31.03.2006


(AFP) Bruno Julliard, président de l'UNEF, a déclaré après l'allocution du Président de la République que les jeunes "n'ont pas été entendus".

"Le Président nous énumère les mêmes arguments que nous entendons depuis deux semaines. Il nous propose de négocier le contrat première embauche, je ne sais pas s'il a des problèmes d'audition, mais cela fait deux mois qu'on lui répète qu'on ne veut pas négocier le CPE. (...) Malheureusement je pense que les jeunes ce soir doivent se sentir méprisés, et pas entendus par le Président. Nous refusons la légalisation de la précarité que constitue le CPE.", a déclaré le président de l'UNEF, le principal syndicat étudiant.

Pour Bruno Julliard, il y a une "grande contradiction entre imposer la loi en promulguant et expliquer en même temps qu'on va ouvrir des négociations pour l'amender. Je trouve assez grotesque qu'on promulgue pour finalement demander de ne pas appliquer".

Il a réitéré son appel à manifester mardi 4 avril et a prédit que "la coordination étudiante qui se réunit ce week-end à Lille donnera une suite à la mobilisation".

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a également indiqué qu'il maintenait l'appel à une journée de grèves et de manifestations le mardi 4 avril.

"En aucun cas, le président n'apporte un début de réponse", a estimé Bernard Thibault, alors qu'il "avait la possibilité de saisir le Parlement pour demander une nouvelle délibération. Les deux petites modifications qu'il a annoncées sont celles déjà envisagées par le Premier ministre depuis quinze jours et qui n'ont pas suffi. Nous maintenons l'appel à la mobilisation" de la loi.

Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a jugé "incompréhensible" et "pas acceptable" le contenu du discours du président Chirac annonçant la promulgation de la loi sur le CPE. "La réponse pour nous, ce sera le 4 avril, avec les grèves et les manifestations que nous maintenons bien évidemment", a averti Jean-Claude Mailly.

Le président de l'Union nationale lycéenne (UNL), Karl Stoeckel, a affirmé à l'AFP que l'intervention de Jacques Chirac sur le CPE était une "provocation" et a parlé de "décision irresponsable" à propos de la promulgation de la loi. "Il aurait fallu retirer le CPE pour ouvrir un espace de dialogue. (...) On continue, le gouvernement reste isolé et Jacques Chirac est déconnecté de la jeunesse et de la population ", a-t-il estimé après avoir suivi l'intervention présidentielle dans un café près de la place de la Bastille, à Paris, où les syndicats lycéens UNL et FIDL ainsi que l'UNEF avaient appelé les jeunes à se rassembler.

Appel à une nouvelle grande manifestation mardi 4 avril

01.04.2006


(AFP) Syndicats de salariés, étudiants et lycéens, seront à nouveau dans la rue mardi 4 avril pour une nouvelle journée nationale d'actions et de grèves, qu'ils espèrent aussi importante, voire plus, que la précédente du 28 mars.

Ce jour là, une véritable lame de fond anti-CPE avait déferlé dans les rues, avec la participation de 3 millions de personnes aux 250 manifestations organisées dans toute la France.

Les anti-CPE, qui pouvaient craindre un essoufflement du mouvement après le discours de M. Chirac, bénéficient toujours du soutien d'une majorité de Français qui, pour 54% d'entre eux, souhaitent qu'il continue "jusqu'au retrait du CPE", selon un sondage CSA.

Du côté des jeunes, la mobilisation devrait se poursuivre dans les universités et les lycées à l'approche des vacances de Pâques qui débutent vendredi soir dans les académies de Bordeaux, Paris, Créteil et Versailles.

Dans l'Education nationale, outre la FSU (premier syndicat), l'Unsa, le Sgen-CFDT et la Ferc-CGT appellent à cesser le travail. Les postes et télécommunications, les médias, les banques, les secteurs de l'énergie, de la chimie, du commerce et de la construction sont également concernés par des mots d'ordre de grève. Enfin, les sept fédérations de fonctionnaires (CFE-CGC, CFDT, CGT, CFTC, FO, FSU et Unsa), ont appelé à la grève. L'ensemble des partis de gauche (PS, Verts, PCF, PRG, MRC, LCR, LO) participeront aux manifestations et distribueront un "tract commun" exigeant l'abrogation du texte.
Comme le 28 mars, un large dispositif policier est prévu, notamment à Paris.

"Ubu président", ironise la FCPE

31.03.2006


(AP) Ironisant sur un "Ubu président" après l'intervention de Jacques Chirac sur le CPE, la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) a estimé qu'il n'avait "pas entendu ce que disent les citoyens depuis plusieurs semaines: il n'a pas tenu compte de leur forte mobilisation, il n'a pas répondu aux exigences des Français. Pire, après avoir récusé toute idée de retrait d'une loi votée par le Parlement au motif du respect des institutions, le président de la République promulgue la loi en demandant quelle ne soit pas appliquée. Décision ubuesque! Si la loi est mauvaise, pourquoi la promulguer?"

La FCPE estime que "le premier magistrat du pays énonce un principe nouveau, la non-application de la Loi !" et juge qu'ainsi "le président se discrédite et discrédite le pays".

Bayrou juge "complètement surréaliste"
l'intervention de Chirac sur le CPE

31.03.2006


(AP) Le président de l'UDF François Bayrou a jugé "complètement surréaliste" l'annonce par Jacques Chirac de la promulgation d'une loi "en demandant de ne pas l'appliquer et au gouvernement de la modifier".

"Le président indique ce qu'il veut voir changer, modifier avec précision, sans apparemment laisser la moindre marge de manoeuvre à une négociation qu'il appelle de ses voeux. Tout cela montre bien que nos institutions ne fonctionnent pas bien. Un bon fonctionnement aurait dû conduire le chef de l'Etat à ne pas promulguer la loi pour laisser le temps au dialogue social de s'engager et de présenter devant l'Assemblée nationale un nouveau texte ensuite. Le respect de la loi, c'est d'abord d'appliquer celles qui ont été votées et notamment celle de 2004 qui aurait dû conduire à un dialogue préalable avec les partenaires sociaux. C'est beaucoup de temps de perdu et d'énergie gâchée pour en arriver là ", a déclaré François Bayrou dans un communiqué.

Chirac commet "une faute constitutionnelle"

01.04.2006


(AFP) Le constitutionnaliste Dominique Rousseau (professeur de droit public à la faculté de droit de Montpellier) juge que "Jacques Chirac commet une faute constitutionnelle" en appelant à ne pas appliquer la loi sur le CPE dans l'attente de sa version améliorée. "Une loi promulguée est immédiatement applicable", a indiqué M. Rousseau dans une interview au journal La Croix.

Dans son intervention télévisée, M. Chirac a annoncé qu'il promulguait la loi sur le CPE, tout en demandant l'adoption d'une nouvelle loi l'améliorant sur les points litigieux, et il a précisé qu'il demandait au gouvernement de "prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu'en pratique, aucun contrat ne puisse être signé sans intégrer pleinement l'ensemble de ces modifications".

"On pourrait donc se demander si Jacques Chirac ne manque pas aux devoirs de sa charge en demandant ouvertement à son gouvernement de ne pas faire appliquer une loi à laquelle il a donné son accord et qu'il considère donc comme bonne, qui a été régulièrement validée par le Conseil constitutionnel. A moins qu'il ne soit devenu un adepte de la désobéissance civile, cette décision n'est pas compréhensible", a jugé M. Rousseau.

Le constitutionnaliste ajoute que cela "ne s'est jamais vu" dans l'histoire de la 5è République, et que "ce faisant, le président de la République commet une faute constitutionnelle et engage sa responsabilité personnelle". "Le chef de l'Etat est le garant de la Constitution, son devoir n'est pas d'appeler à une violation de la loi", a-t-il poursuivi.

La presse européenne juge sévèrement
l'intervention de Jacques Chirac

01.04.2006


(AFP) La presse européenne juge sévèrement la tentative de solution apportée par le président Jacques Chirac à la mobilisation populaire croissante contre le CPE.

En France, la prestation télévisée de Jacques Chirac est jugée comme un "numéro d'équilibriste" où il s'est livré à un "grand écart": il a annoncé simultanément la promulgation de la loi instituant le CPE et la modification immédiate de cette loi qui ne sera pas appliquée en l'état.

"Sa promesse d'une seconde loi (...) n'est qu'un pitoyable leurre", affirme L'Humanité qui titre: "le coup de force" de Chirac. "Il ne fait que mécontenter tous les Français", ajoute France Soir.

La presse belge francophone juge sévèrement l'intervention télévisée de Jacques Chirac dont elle fait sa une. Le quotidien généraliste Le Soir titre: "Chirac précipite sa fin de règne". "Le bricolage présidentiel ne satisfait personne et ponctue la fin de règne d'un président à bout de souffle". Pour l'autre grand quotidien francophone belge, La Libre Belgique, "Chirac louvoie, mais le blocage subsiste".

La presse britannique n'est pas plus convaincue. Ainsi le Times estime que "la France se dirige vers plus d'agitation après que le président Jacques Chirac a refusé de retirer" le CPE.

La presse italienne était elle aussi très dubitative sur le succès des propositions du président Chirac. "Chirac ne convainc pas les étudiants", titre enfin la Repubblica.

A Madrid, le journal conservateur ABC, seul journal de la capitale espagnole à réserver un éditorial au sujet, considère que Jacques Chirac a joué sa "dernière carte" en proposant "deux timides modifications de la loi". Le journal écrit que si ce geste n'apaise pas les manifestations, "le conflit peut dégénérer facilement en une crise où sa légitimité même sera en jeu, ce qui est très dangereux à un moment où la France est entrée dans la dernière ligne droite du déclin politique de Chirac".

En Autriche, le quotidien conservateur Die Presse affiche sa perplexité devant la décision de Jacques Chirac. "Chirac avait le choix entre mettre immédiatement en oeuvre le CPE ou ouvrir de nouvelles négociations. Il a choisi les deux, autrement dit le chaos", note le journal, soulignant que l'allocution du président avait "semé la confusion".

Chirac bat le record de défiance
d'un président de la Vème République

31.03.2006


(AFP) Jacques Chirac perd 3 points de confiance à 20% d'opinnions favorables contre 78% d'opinnions défavorables, battant ainsi non seulement son propre record de défiance, mais aussi celui des autres présidents de la 5è République, selon le baromètre TNS-Sofres pour le Figaro Magazine.

Par ailleurs, Dominique de Villepin enregistre une nouvelle baisse de sa cote de popularité (-7 points) et de confiance (-5 points).

Avec 29% de personnes qui lui font confiance (-5 points en un mois) et 68% qui ne lui font pas confiance, Dominique de Villepin connaît son plus mauvais score depuis qu'il est Premier ministre. En termes de popularité, le Premier ministre perd 7 points à 29% également.

Dans le palmarès des personnalités de gauche, la présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, reste en tête (+1 point à 53%), battant son propre record dans l'histoire du baromètre.

Manifestations du 4 avril:
plus de 3 millions de personnes dans les rues

04.04.2006


(AP/AFP) Des manifestations ont eu lieu à nouveau partout en France, en aussi grand nombre que le 28 mars, avec 3,5 millions de personnes dans la rue pour réclamer l'abrogation pure et simple du contrat première embauche (CPE). La participation a été qualifiée "d'historique" par les syndicats.

A Paris, 700.000 personnes ont défilé contre le CPE, mais aussi contre "la façon d'agir du gouvernement", dénonçant "un réel abus de pouvoir d'une minorité politique", selon une étudiante.

Presque partout en France, les cortèges ont égalé ou dépassé ceux du 28 mars: 250.000 manifestants à Marseille, 100.000 à Nantes, 125.000 à Bordeaux, 40.000 à Pau, 13.000 à Bayonne, 10.000 à Mont-de-Marsan, 8000 à Périgueux, 3500 à Bergerac, 7000 à Agen, 45.000 à Lyon, 90.000 à Toulouse, 50.000 à Montpellier, 50.000 à Rennes, 30.000 à Brest, 10.000 à Lorient, 11.000 à Vannes, 30.000 à Quimper, 45.000 à Lille... Des manifestation ont également eu lieu dans les départements d'outre-mer.

"Le mouvement ne s'achèvera pas avec cette journée", a assuré M. Thibault, "dès demain (5 avril), nous appellerons à une poursuite du mouvement avec de nouvelles formes d'action pour tenir compte des vacances scolaires".

Jugeant que "le mois de mai, c'est trop loin", M. Mailly (FO) a lui déclaré qu'il fallait "une réponse rapide, sinon ça s'appelle jouer la montre, jouer le pourrissement".

En fin d'après-midi, des incidents ont éclaté place d'Italie à Paris, lieu de dispersion de la manifestation, mais le calme était revenu vers 22H00. 352 personnes ont été interpellées en marge de cette manifestation parisienne, selon un bilan de la police. Des heurts ont aussi opposé jeunes et forces de l'ordre dans plusieurs villes de l'Ouest, notamment Rennes, Angers et Lorient. "On ne va pas être loin des 400 à 600 interpellations aujourd'hui" sur l'ensemble du territoire, a déclaré Nicolas Sarkozy en félicitant les forces de l'ordre place d'Italie.

Marseille - Les marseillais ont fait aussi fort que la semaine dernière, avec plus de 250.000 manifestants. "Nous ne laisserons pas les minots tout seuls": une banderole positionnée au milieu du parcours de la manifestation donnait le ton d'un cortège qui a défilé durant plus de trois heures, sans incident. Les organisateurs ont d'ailleurs rallongé le tracé qu'ils avaient accompli la semaine dernière.

Toulouse - 90.000 personnes ont défilé dans les rues de Toulouse pour demander le retrait du contrat première embauche. "Le cortège est plus dense, et proportionnellement, il y a davantage de jeunes, 25% au lieu de 20% la semaine dernière", a estimé Bernard Dedeban, de la FSU.

Dans une ambiance bon enfant de défilé du 1er mai avec camions sonorisés et percussions, sous un agréable soleil de printemps, la manifestation a débuté vers 14h30 de la place Arnaud Bernard avec les mêmes slogans: "Résistance", "Non non non au CPE, oui oui oui au CDI", "Pas de négociation, pas de compromission, retrait du CPE".

Comme les fois précédentes, venaient d'abord de nombreux lycéens, étudiants et enseignants venus des lycées, collèges, écoles et universités de l'agglomération avec leurs banderoles, auxquels se mêlaient des parents et même quelques retraités et "grands-parents solidaires".

Venaient ensuite les salariés derrière les organisations syndicales traditionnelles (CGT, FO, CFDT, CGC, UNSA, Sud, FSU), avec des salariés du public et du privé (Thalès, Latécoère, Siemens, EADS Astrium, Airbus, Labinal...).

"CPE, Citoyens Promis à l'Errance", "CPE: Cultivons la Précarité et l'échec Social", "Halte au scandale, défendons-nous", "Précaire bosse et tais-toi", "Rêve Générale", pouvait-on lire sur des banderoles, ou encore sous la photo de Chirac, De Villepin et Sarkozy: "Vite on a besoin d'un Charter Pour Eux".

Le défilé comptait également dans ses rangs de nombreux intermittents du spectacle, des membres d'ATTAC, de la CNT, et en fin de cortège, toujours le front unitaire des partis de gauche (notamment avec le PS, les Verts, la LCR, le PCF).

Bordeaux - La manifestation bordelaise a réuni 125.000 personnes, dont un tiers de lycéens et étudiants, avec une "hausse sensible de la participation" par rapport aux 100.000 manifestants du 28 mars.

"Ce qui explique cette hausse, c'est la déclaration du président Chirac qui a suscité la révolte de l'ensemble des jeunes", estimait Jules Boyadjian, porte-parole du comité des étudiants de Bordeaux. Selon lui, "le mouvement a l'impression de se battre contre un mur, et on veut faire tomber ce mur. Nous sommes dans une deuxième phase du mouvement et le mot d'ordre reste le même: retrait pur et simple du CPE".

Pour Alain Delmas, secrétaire régional de la CGT-Aquitaine, "plus que jamais le mot d'ordre reste l'abrogation du CPE. Si Bernard Accoyer nous invite à négocier pour l'adapter, c'est niet!".

Lyon - Environ 45.000 personnes ont défilé sous le soleil à Lyon. Le cortège s'est ébranlé peu après 11h dans le 8e arrondissement pour se disperser deux heures et demie plus tard place Bellecour. Suivis par les étudiants, les lycéens ouvraient un défilé festif et coloré aux cris de "Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d'essai elle est finie!" ou encore "ni CPE Villepin, ni CPE Sarkozy!".

Les négociations proposées par le ministre de l'Intérieur et l'UMP laissaient de marbre Charlotte Allégret, vice-présidente du syndicat lycéen FIDL: "on reste sur nos positions, il n'y aura aucune discussion avant un retrait du texte. On ne veut pas d'un CPE bis."

Dans le cortège parsemé de caricatures de Dominique de Villepin, on trouvait également des retraités, des salariés des secteurs public et privé (Renault Truck), et même quelques professions libérales. "Les politiques détiennent la clé: soit il y a un dialogue soit cela continue", expliquait un kinésithérapeute de 42 ans, venu avec ses enfants.

A l'issue du défilé, certains manifestants affichaient leur optimisme quant à une éventuelle suite de la mobilisation. "Même pour les syndicats, ce mouvement est surprenant par sa longueur et sa vigueur. Il y a une force tranquille, les gens savent qu'il faut aller jusqu'au retrait", soulignait Elia Rosario, membre du secrétariat départemental de la FSU.

Montpellier - 50.000 personnes ont défilé dans les rues de Montpellier, une mobilisation similaire à celle du 28 mars. Le cortège s'est élancé du quartier Antigone et a rejoint vers 17h la place centrale de la Comédie dans une ambiance de fête: percussionnistes, danses improvisées par des étudiants vêtus de T-shirts oranges et mimant la "vague" des tribunes des stades de football, feux de Bengale, pétards...

Malgré l'annonce d'une nouvelle loi devant instaurer un CPE révisé, les manifestants ont maintenu la pression sur le gouvernement: "CDI Famille Patrie", "Sauvez-moi", "Non à l'inégalité des contrats", "De Villepin, Sarkozy, tueurs de rêves", pouvait-on lire sur les banderoles.

Nantes - La manifestation a réuni 100.000 personnes dans les rues de Nantes, avec une mobilisation encore plus importante que la semaine précédente. La ville n'avait jamais connu une manifestation de telle ampleur depuis mai 1968.

La manifestation est partie à 10h du Cours des 50 Otages, le parcours du défilé ayant été rallongé par les quais de la Loire pour permettre à tous les manifestants d'avancer.

Un grand nombre de jeunes, étudiants et lycéens ont pris part à la manifestation en tête du cortège. Presque tous avaient collé sur leurs vêtements de gros autocollants marqués "retrait du CPE". Les syndicats de salariés venaient derrière défilant sous les banderoles de leurs entreprises comme la CRAM (Caisse régionale d'assurance maladie), EDF ou encore la CAF (Caisse d'allocations familiales).

Les manifestants ont encore une fois décliné les trois lettres du CPE pour inventer des slogans sur leurs pancartes. On pouvait ainsi lire: "CPE, contrat pas d'espoir ou crève pauvre employé". Un groupe de lycéens avaient installé une bouse géante sur le toit d'une voiture surmonté d'une pancarte "Ca pue encore". D'autres portaient une banderole "Faites l'amour, pas le CPE".

Rennes - 50.000 personnes ont manifesté dans les rues de Rennes pour réclamer l'abrogation définitive du CPE. Lycéens et étudiants ont notamment marché derrière une banderole réclamant la "grève générale jusqu'au retrait".

A l'issue de la manifestation qui s'est déroulée sans incident, le cortège s'est scindé en deux. Une partie des étudiants a une nouvelle fois occupé pacifiquement les voies de la gare, bloquant l'accès des trains. Une autre partie des jeunes s'est dirigée vers l'inspection académique du département qui a été occupée durant une demi-heure.

Dans l'après-midi, des affrontements ont éclaté vers 15h30 entre les forces de police et plusieurs centaines de jeunes qui s'étaient rassemblées en face du siège local de l'UMP après la manifestation.

Lille - 45.000 personnes ont défilé dans le centre-ville de Lille pour fustiger le gouvernement et réclamer le retrait du contrat première embauche.

Des charges policières ont eu lieu en fin d'après-midi dans le quartier de la gare. Dans le centre-ville, quelques vitrines avaient été brisées et des véhicules et des cabines téléphoniques dégradés, alors que certains membres de coordinations lycéennes et étudiantes tentaient de dissuader les casseurs. Des groupes de manifestants erraient dans les rues, renversant des poubelles et montant des barricades. Avant le rassemblement, des incidents avaient éclaté dans la matinée entre des policiers et des manifestants. Une soixantaine de lycéens et d'étudiants, qui avaient tenté de s'approcher du siège de l'UMP, rue de Solférino à Lille, ont jeté des objets et des oeufs en direction des policiers. Une personne a été interpellée.

Des incidents éclatent à Paris à l'issue de la manifestation

04.04.2006


(AP) Des incidents ont éclaté mardi, en début de soirée, à Paris entre les forces de l'ordre et plusieurs centaines de jeunes qui leur lançaient des projectiles, à l'issue de la manifestation contre le Contrat première embauche (CPE) qui s'est déroulée dans le calme, et a rassemblé 84.000 personnes selon la police, 700.000 selon la CGT.

Les incidents ont éclaté à l'angle du boulevard Vincent Auriol et de la place d'Italie, lieu de la dispersion de la manifestation, peu après 19h. Plusieurs centaines de jeunes s'en sont pris à un barrage de CRS en jetant des bouteilles et des pierres. Les forces de l'ordre ont chargé à plusieurs reprises pour disperser les fauteurs de troubles et procéder à quelques interpellations.

Durant ces incidents, des manifestants continuaient à arriver place d'Italie, la tête du cortège qui était parti de la place de la république vers 14h30, étant arrivée sur les lieux vers 16h30.

Dans leur colère, les casseurs sont pris aux médias, très présents sur les lieux. "Vous filmez, bande de porcs?", hurlent-ils à la forêt de caméras dressée devant eux. "Médias collabo", scande un petit groupe.

A 19H00 et les violences commencent, orchestrées par des groupes de jeunes qui errent sur la place depuis plusieurs heures, avides d'en découdre, après une manifestation sans incident notable. Pendant de longues minutes, les meneurs tentent de se concerter, et les mouvements fluctuent au gré de leurs hésitations. "Faut qu'on caillasse", peut-on entendre de ci de là.

Rapidement, la place prend des allures de champ de bataille. Le mur des journalistes et cameramen, souvent casqués, offre enfin une cible idéale. Le gaz lacrymogène et les charges des CRS répondent aux bouteilles, pavés, pierres, voire poteaux métalliques de signalisation qui volent. Un cameraman, touché par un pavé à la poitrine, est amené jusqu'aux CRS.

Quelques CRS essaient tant bien que mal de sécuriser une zone de chantier près de la mairie, véritable réserve à projectiles pour les casseurs.

Sur le boulevard Vincent Auriol, une trentaine de policiers en civil traquent les jeunes jusque dans un ensemble de tours où ils tentent de se réfugier. Au milieu de l'agitation, un CRS lance aux nombreux passants qui se dispersent: "Allez, reculez, plus de télévision, plus de 20h pour aujourd'hui".

"On est leur futur et ils ne nous écoutent pas!",
crient les jeunes à Paris

04.04.2006


(AFP) "On est leur futur et ils ne nous écoutent pas!": Aude, lycéenne de 18 ans, exprime le ras-le-bol des nombreux lycéens et étudiants qui s'inquiétent des intentions "pas claires" du gouvernement et redoutent, comme les salariés, une "réponse politicarde" du gouvernement à leurs exigences de retrait du CPE.

Une étudiante de 19 ans explique: "On fait semblant de nous écouter, mais on est très nombreux dans la rue et on ne nous entend toujours pas".

"Il faut continuer la bataille", affirme une lycéenne, le sourire malicieux: "mes parents ont fait mai 68... c'est pas eux qui vont me dire d'arrêter!".

Car "juridiquement, le CPE existe, il est applicable, on nous parle d'un projet de loi à venir mais nous voulons le retrait de la loi existante", rappelle Karsten Beyer, cadre de 33 ans.

Gilles Dabin, conseiller prud'homal de 52 ans à Bobigny, est déguisé en Obélix: il fait mine de ployer sous le poids d'un menhir baptisé "CPE", "Rien n'est jamais gagné avec les politiques!", car la loi "a été promulguée", fait-il valoir.

En secouant ses nattes rousses, il ajoute: "Quand Chirac a parlé, on aurait dit une anguille qui fuyait entre les mains". Pour lui, cette 5ème manifestation anti-CPE est aussi importante que les autres, car "Il faut que les représentants du peuple voient qu'on ne lâche pas le morceau!"

Sika Fakambi, une traductrice de 29 ans, espère elle aussi "une réponse un peu moins politicienne et politicarde" aux manifestations, car le gouvernement "est en train de semer le trouble avec une réaction incompréhensible".

"On est face à un gouvernement qui ne comprend rien" renchérit son ami, Tristan Poullaouec, 31 ans, enseignant en sociologie, qui lui tient la main. "Les gens sont très motivés, ils veulent continuer jusqu'à l'abrogation du CPE", affirme-t-il.

D'une boîte flottant dans le ciel, suspendue à des ballons multicolores, s'échappent une multitude de petits rectangles roses et oranges où l'on peut lire: "Retrait du CPE, retrait du CNE".

"Ce qu'on veut c'est pas la modification, c'est l'A-BRO-GA-TION", clame Aimée, 93 ans, militante communiste "de toute la vie". Elle a "fait 36 et 68", et a "soigné des blessés pendant les derniers jours de la Guerre d'Espagne".

Bernard Thibault veut "porter un coup fatal au CPE"

04.04.2006


(AP) "J'espère que les manifestations nous aideront à porter un coup fatal au CPE", a lancé le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault.

Avant le début de la manifestation, il a répété sur France-Info que "cette journée est destinée à rappeler que le retrait du CPE n'est pas négociable".

Alors que Bernard Accoyer, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, doit adresser une lettre d'invitation aux syndicats pour discuter de l'avenir du CPE, le leader de la CGT explique sa méfiance: "On cherche un petit peu à nous balader entre groupes politiques, responsables du gouvernement, propos présidentiels. (...) Le flou demeure total".

"Nous ne sommes pas dans une cour de récréation, il va falloir reprendre un certain sérieux pour gérer la situation de conflit sans équivalent depuis très longtemps", a conclu le N°1 de la CGT.

Le gouvernement cherche une sortie de la crise

04.04.2006


(AP) C'est finalement le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui est désormais chargé du dossier CPE, et non Nicolas Sarkozy qui s'était empressé de se substituer à la fois au premier ministre et aux députés. Bernard Accoyer a invité par courrier les partenaires sociaux à venir le rencontrer dès le 5 avril dans le cadre de rencontres séparées. Ceci "sans préjuger du contenu de la proposition de loi" que les parlementaires UMP sont chargés d'élaborer, et qui sera discutée début mai.

Les principaux leaders syndicaux ont accepté, prévenant qu'ils viendraient "demander à nouveau le retrait du CPE", excluant de "négocier des aménagements", selon les termes de Bernard Thibault (CGT).

Dominique de Villepin a souhaité un "dialogue ouvert" entre les parlementaires UMP et les syndicats pour "parvenir rapidement à de bonnes solutions" sur le CPE. Il a invité les députés à "ne pas oublier les enjeux et les inquiétudes qui se sont exprimées depuis quelques semaines". Selon lui, les Français "ne refusent pas la modernité, ils demandent des sécurités nouvelles mieux adaptées aux réalités du marché du travail". "Nos compatriotes ne doutent pas de leur pays. Ils ont confiance dans la France, croient en ses capacités. (...) Ce qu'il faut c'est aller de l'avant, vers plus d'égalité, plus de dynamisme et plus de justice", a affirmé le Premier ministre.

Dominique de Villepin répondait à Marie-George Buffet (PCF) qui a exhorté le Premier ministre à abroger le CPE. Dénonçant les "luttes intestines à visées présidentielles" à l'intérieur du gouvernement, Mme Buffet a prévenu que "les jeunes, les salariés n'accepteront pas d'en être les otages". "Ils ne veulent pas d'un sauvetage de votre loi par le groupe UMP", a lancé la secrétaire nationale du PCF.

La FSU propose l'organisation d'Etats généraux sur l'avenir des jeunes "après le retrait du CPE"

03.04.2006


(AP) La Fédération syndicale unitaire (FSU) propose l'organisation d'Etats généraux pour l'avenir des jeunes "après le retrait" du contrat première embauche.

"De véritables négociations devront s'ouvrir sur l'emploi, la précarité, l'avenir des jeunes et leur formation, remettant en cause les choix politiques de ces derniers mois", comme le contrat nouvelles embauches (CNE), l'apprentissage dès 14 ans et la loi Fillon sur l'école, souligne le syndicat.

La FSU "exige que l'intersyndicale des 12 y soit pleinement associée. Pour l'organisation syndicale, le retrait du CPE peut être obtenu "si la mobilisation se confirme et s'élargit". Elle appelle les fonctionnaires "à tout faire pour assurer le plein succès de la journée de grèves et de manifestation" et à débattre "des suites unitaires avec un calendrier d'actions permettant de confirmer et d'amplifier le mouvement".

La fin du CPE, une victoire partielle

12.04.2006


(Attac) La mobilisation intergénérationnelle, de la jeunesse, lycéens, étudiants, des salariés, de l'entité syndicale la plus large et des chômeurs a gagné: elle a fait reculer un gouvernement arrogant, autoritaire et répressif. Il a été contraint de supprimer le CPE (article 8 de la loi sur "l'égalité des chances").

Les lycéens et les étudiants qui ont mené sans relâche des actions durant ces dernières semaines ainsi que les 3 millions de personnes qui ont manifesté peuvent se réjouir de ce résultat.

L'enterrement du CPE s'ajoute à deux autres victoires obtenues récemment grâce à la mobilisation des citoyens: le rejet de la constitution européenne, et la modification en profondeur de la "directive Bolkestein".

Toutefois ce recul du gouvernement ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt , le gouvernement et le MEDEF ne renonçant aucunement à leur objectif de précarisation de l'emploi et de destruction du Code du Travail. Mais la victoire populaire sur le CPE et le rapport des forces qui l'a imposée leur rendent la tâche plus difficile.

Ainsi, la loi sur "l'égalité des chances" n'est pas abrogée. Or elle contient de dangereuses mesures de régression sociale: l'apprentissage à 14 ans, l'autorisation du travail de nuit à 15 ans, le chantage à la suppression des allocations familiales, etc.

De même, le CNE adopté depuis août 2005 reste en vigueur. Cousin du CPE pour les entreprises de moins de 20 salariés, le CNE institue le salariat précaire, jetable, une main d'œuvre pas chère et corvéable à souhait.

Autre mesure contenue dans la loi sur "l'égalité des chances", la refonte des ZEP (zones d'éducation prioritaire), qui est présentée par le gouvernement Chirac-De Villepin-Sarkozy comme une réponse palliant les inégalités scolaires, est en réalité une anarque. Ce sont, en effet, les ZEP dites "EP3" qui réduiront leurs moyens en fournissant des heures d'enseignement aux ZEP "EP1" situées dans les quartiers encore plus en difficulté. Sous couvert de solidarité, le gouvernement veut opposer les plus exclus aux exclus, les plus pauvres aux pauvres...

Ne nous faisons aucune illusion. La politique gouvernementale continuera par tous les moyens à chercher à imposer la précarité, la remise en cause des droits du travail et des acquis sociaux. Tout simplement parce qu'elle procède de la même logique néolibérale que celle mise en œuvre par l'Union européenne, dans le cadre de la "stratégie de Lisbonne"
(définie au sommet européen de Lisbonne).

Chirac et De Villepin annoncent le "remplacement" du CPE

10.04.2006


(AFP) Après deux mois de manifestations sans précédent depuis 1968, Jacques Chirac a signé l'acte de décès du CPE, à la plus grande satisfaction des syndicats, de la gauche et des organisations d'étudiants et de lycéens.

Pour éviter les mots "abrogation" ou "retrait", Jacques Chirac a annoncé dans un communiqué que le CPE serait "remplacé" par un dispositif d'insertion professionnelle en faveur des jeunes. Le chef de l'Etat a pris soin d'affirmer que l'initiative en revenait à Dominique de Villepin, jusque là opposé à un recul sur le CPE.

Dans une courte allocution le matin à Matignon, le Premier ministre a regretté ne pas avoir été "compris par tous", soulignant que "les conditions nécessaires de confiance et de sérénité" n'étaient pas réunies pour appliquer le contrat première embauche.

Le président des députés UMP, Bernard Accoyer, a annoncé le dépôt immédiat de la proposition de loi remplaçant ce contrat et souhaité sa discussion au parlement "dans les tout prochains jours".

Le texte prévoit une aide à tout employeur embauchant en CDI un jeune de 16 à 25 ans de faible qualification, ou résidant en zone urbaine sensible, ou encore, titulaire d'un contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS). Les mesures contenues dans la proposition de loi remplaçant le CPE devraient coûter 150 millions d'euros en 2006 et le double en 2007.

L'intersyndicale anti-contrat première embauche, regroupant 12 organisations, a salué un "authentique succès", affirmant qu'elle allait rester "vigilante".

Nicolas Sarkozy a pour sa part souligné dans une interview au Figaro n'avoir "en rien renoncé à la rupture", c'est à dire au démantèlement des droits sociaux et du code du travail.

Les quatre mesurettes clés de la proposition de loi UMP

12.04.2006


La proposition de loi UMP qui remplace le CPE (l'article 8 de la "loi sur l'égalité des chances") comporte quatre mesures:

- CIVIS: Depuis 2003, le "contrat d'insertion dans la vie sociale" (CIVIS) accorde aux jeunes (agés au moins de 18 ans) une allocation misérable de l'Etat (900 euros maximum par an) pour les périodes où ils n'ont aucune rémunération. Désormais, le CIVIS sera précédé d'un "bilan de compétences". Puis, lorsque le jeune trouvera un emploi, il continuera à être suivi par un "tuteur" pendant un an. Tous les jeunes au chômage depuis plus de six mois pourront en bénéficier.

- CJE: Lancé en 2002, le "Contrat jeune en entreprise" (CJE) est un contrat à durée indéterminée destiné aux 16-23 ans de niveau inférieur au bac. Ils perçoivent au minimum le SMIC. En contrepartie, l'employeur bénéficie d'une exonération de charges sociales.
Le CJE est désormais élargi aux jeunes en CIVIS et à ceux qui sont au chômage depuis plus de six mois.

- Contrat de Professionnalisation: actuellement, ce contrat de travail en alternance (25% en formation, le reste en entreprise) est destiné aux jeunes de 16 à 25 ans sortis du système scolaire et aux chômeurs de plus de 26 ans. CDI ou CDD, il dure entre 6 et 12 mois, mais peut-être porté à 24 mois dans certains cas. Le salaire varie en fonction de l'âge (de 55% du SMIC à 100% ou plus). L'employeur bénéficie d'une exonération totale de charges sociales (dans la limite du SMIC) s'il embauche un jeune de moins de 26 ans ou un demandeur d'emploi de plus de 45 ans.
Désormais, le contrat de professionnalisation sera subventionné par l'Etat (en plus des réductions de charges), avec une prime de 200 euros par mois la première année et de 100 euros la seconde dès lors que le contrat débouchera sur un CDI. Cela pourrait concerner 30.000 personnes.

- Stages: A partir de l'été 2006, 50.000 stages seront ouverts dans les métiers qui ont des difficultés à recruter, tels que l'hôtellerie, la restauration, le bâtiment ou les services à domicile.

Le "remplacement" du CPE ne met pas totalement fin à la mobilisation des lycéens et étudiants

10.04.2006




Karl Stoeckel,
président du syndicat lycéen UNL

(AP/AFP) L'annonce du remplacement du contrat première embauche n'a pas suffi à convaincre complètement les lycéens et étudiants qui souhaitent maintenir la pression sur le gouvernement. Malgré le retrait du CPE, l'UNEF, la FIDL, l'UNL et la coordination nationale des étudiants et des lycéens ont maintenu leur appel à une nouvelle journée de manifestations le 11 avril dans toute la France pour obtenir l'abrogation de l'intégralité de la "loi sur l'égalité des chances" qui autorise notamment le travail dès 14 ans et le travail de nuit dès 15 ans.

"Villepin a lâché des miettes, il nous faut la baguette entière", a insisté Rémi, un étudiant de Toulouse II, où les personnels ont également voté la poursuite de la grève.

La coordination nationale étudiante et lycéenne avait déjà renouvelé à Lyon son appel à "rester mobilisés jusqu'au retrait de la loi sur l'Egalité des chances", et à "contribuer à la mobilisation des travailleurs".

Bruno Julliard, président de l'Unef, a évoqué "d'autres questions soulevées pendant la mobilisation" et "pas réglées alors qu'elles sont importantes", comme la loi sur l'Egalité des chances et mais aussi le CNE. De même, Karl Stoeckel le président du syndicat lycéen UNL a déclaré à l'Associated Press: "aujourd'hui, il faut qu'on revienne sur les mesures imposées de la même manière que le CPE.
(...) Il va falloir maintenant parler du CNE (le cousin du CPE pour les entreprises de moins de 20 salariés) puisque du désaveu du CPE découle un désaveu de la politique économique et sociale du gouvernement comme le CNE", a expliqué Karl Stoeckel, qui estime aussi que la plupart des mesures de la loi sur l'égalité des chances "ont été rejetées par le mouvement social".

Enfin, les organisations étudiantes, lycéennes et les syndicats exigent l'arrêt des poursuites contre les manifestants incarcérés et/ou inculpés.

Les jeunes ont rendu "un immense service" à la France en refusant le CPE, salue Ségolène Royal

10.04.2006


(AP) La candidate à l'investiture socialiste Ségolène Royal a salué "le formidable mouvement citoyen" des jeunes qui ont rendu "un immense service" à la France en obtenant le retrait du contrat première embauche (CPE).

"Ce qu'il faut retenir, c'est le formidable mouvement citoyen des jeunes et de leurs aînés pour empêcher que la société français ne dérive vers une société qui broie les êtres humains.
(...) Le refus de la précarité qui aurait été érigée comme une norme, c'est un immense service rendu au pays ", a-t-elle déclaré sur France-Info.

De Villepin reconnait ses erreurs mais ne "baisse pas les bras"

10.04.2006


(AP) Dominique de Villepin a déclaré lundi soir sur TF1 qu'il n'avait pas l'intention de "baisser les bras" face au chômage des jeunes malgré son échec sur le contrat première embauche (CPE).

"La réalité, c'est que nous n'avons pas l'intention de baisser les bras face à la situation très difficile des jeunes dans notre pays. Nous allons et nous voulons intensifier les réponses à apporter en ce qui concerne en particulier ceux qui rencontrent le plus de difficultés", a déclaré le Premier ministre.

Le chef du gouvernement a justifié le retrait du CPE, décidé le matin même par Jacques Chirac, par le constat d'une "situation de blocage". "La première responsabilité d'un gouvernement, c'est de trouver les moyens d'en sortir", a-t-il rappelé. S'il faut du "réalisme" et de la "conviction", "il ne faut pas être entêté".

Tirant les leçons de la crise, il a estimé que "deux choses ont pu jouer": le "sentiment de stigmatisation qu'a pu ressentir une partie de la jeunesse alors qu'il s'agissait d'apporter une réponse à ceux qui rencontrent le plus de difficultés", et "le sentiment de profonde précarité (...) avec un élément supplémentaire ressenti par les étudiants dans les universités que leur diplôme n'avait peut-être pas la même valeur qu'autrefois".

Dans un timide mea culpa, Dominique de Villepin a admis avoir voulu "aller vite" et "droit au but" pour "avoir des résultats" contre le chômage des jeunes. "La réponse que j'ai voulu apporter était très directe, très ciblée sur les différents systèmes. Ces peurs, ces inquiétudes ont été plus fortes que la proposition que nous avions faite", a-t-il reconnu, en comparant cette situation au référendum de 2005 sur la Constitution européenne.

Conclusion tirée par le Premier ministre: "il faut savoir contribuer suffisamment à l'évolution des esprits et peut-être traiter pas à pas les problèmes".

Dans cet esprit, il a développé sa proposition aux partenaires sociaux de traiter "trois facteurs de peurs" aux cours des prochains mois "en préalable" à toute réforme du marché du travail: l'insertion des jeunes en difficulté, la sécurisation des parcours professionnels et les problèmes des universités.

"Nous avons devant nous beaucoup de sujets à traiter", a affirmé le Premier ministre, sans toutefois annoncer aucune mesure nouvelle. "En réduisant les peurs (...), nous créerons la confiance qui permettra petit à petit d'avancer".

Plus personnellement, Dominique de Villepin a reconnu avoir traversé "une épreuve, un temps extrêmement difficile" dont il a tiré des "leçons".

 

Liens

 
Stop CPE  Blog anti-CPE

UNL et FIDL  La mobilisation sur le site des syndicat lycéens